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Monsieur,
Je m’empresse d’avoir l’honneur d’accuser à votre Excellencela réception de sa lettre du 3 Germinal avec l’exemplaire du rap-port qui a été présenté au premier Consul par le grand juge, surune conspiration tramée en France par M. Drake, ministre deS. M. Britannique près la cour de Munich ; je vais de suite endonner communication à S. A. E. le grand maître de l’ordre de St.Jean de Jérusalem . Son attachement, son profond dévouement,ainsi que celui de tout l’ordre qu’il préside; aux intérêts de laFrance et à la personne auguste du premier Consul, ne pourrontque lui inspirer toute l’horreur que mérite une si odieuse trame.
Agréez, monsieur, l’hommage de ma plus haute considérationavec laquelle j’ai l’honneur d’être, de votre Excellence, le très-humble et très-obéissant serviteur,
Le Bailli de Ferrette ,Ministre Plénipotentiaire de S. A. E. le Grand-Maître de Malte.
Citoyen Ministre,
Je viens de recevoir la lettre que votre Excellence m’a faitl’honneur de m’adresser hier, et avec laquelle elle a bien voulu metransmettre par ordre du premier. Consul, le recueil imprimé deslettres et pièces authentiques de M. Drake, ministre de S. M.Britannique à Munich , relative à une conspiration incidente tra-mée en France sous sa direction.
L’impression que la lecture de ces pièces doit faire sur touthomme pénétré des principes du droit des gens et de l’intérêtgénéral de l'humanité, ne peut être que bien douloureuse. Cesera le sentiment dont mes commettans, les magistrats des villeslibres de l’empire, seront, comme moi, profondément pénétrés.
Ce sentiment sera d’autant plus fort, que cette trame aussiétait principalement dirigée contre la personne du premier Consul,que tous les habitans des villes libres de l’empire, regardent'comme le protecteur généreux qui a sauvé leur indépendance, etpour lequel ils sont pénétrés de la plus haute vénération et duplus parfaite attachemeut.
Aussi la découverte du dernier complot n’a-t-elle certainementnulle part fait une sensation aussi forte et aussi générale que par-mi les habitans des villes de l’empire.
Les lettres que j’en recevais après les premières nouvelles de laconspiration, ne pouvaient assez me marquer combien la conster-nation était générale parmi toutes les classes des habitans de cesvilles, ni les subséquentes, combien tout le monde se félicitait desavoir le complot déjoué entièrement.
Daignez agréer, citoyen ministre, l’assurance de la plus haute
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