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avoue son crime, mais il convient encore qu’il avait connaissancedu 3 Nivôse.
Rivoire, Officier de Marine, au grand Juge.
Au Château de Lourdes, le 3 Germinal, an 12.
Depuis mon enfance, dévoué au service de ma patrie, si j’ai errédans les moyens d'exécution, mes intentions ont toujours étépures, et mon but a toujours été le bonheur de mon pays.
Le premier consul y a réussi par une voie différente, et quoi-que jusqu’à présent son ennemi et sa victime, je me trouvais forcépar mon cœur de faire des vœux pour ses succès.
Assez et trop long-tems je me suis sacrifié pour un motif dictépar mon cœur plutôt que par ma tète, et j’ai servi un parti ingrat,dont les chefs pusillanimes livrent toute leur confiance à des mi-nistres égoïstes et infidelles. Victime pour la cinquième fois deleurs tentatives infructueuses, déterminé à abandonner une causedont je connaissais enfin que la réussite serait le malheur de laFrance , j’attendais impatiemment la fin d’une guerre que je re-gardais comme le seul obstacle à l’exécution de mon jugement,lorsque j’ai appris confusément la découverte de la derniere con-spiration. Vous excuserez ma sincérité ; mais je ne la croispas déplacée avec vous ; j’eusse donnée volontiers tout ce que j’aide plus cher au monde, pour que le gouvernement sous lequel jesuis né n’eût jamais varié ; mais aujourd’hui, mûri par l’âge et parde cruelles expériences, je crois que ceux qui n’ont pas eu lecourage de rassaisir le timon de l’état, sont incapables de lediriger.
J’ai été condamné comme agent de Georges, mais lorsque jevins à Brest , j’étais chargé des ordres directes du prince, et je ve-nais de Londres , Georges devait seulement m’aider de ses troupeslorsque je le demanderai, nous devions nous concerter en tout.Brest était alors dégarni de troupes ; les ouvriers n’étaient paspayés, une grande partie des marins de l’escadre Française étaientdes pays insurgés et anciens chouans ; on avait débarqué destroupes Espagnoles pour faire le service de la place, et je pouvaisau moins compter sur leur neutralité. Mon projet aurait réussisans les lenteurs, l’indécision et la mauvaise volonté du conseil duPrince, qui au lieu du délai de six semaines au plus, qui était pro-mis, retarda de cinq mois l’exécution d’un projet dont lapromptitude seule pouvait assurer le succès. Pendant cet inter-valle, les troupes rassemblées pour l’armée expéditionnaire, et leschangemens arrivés dans les escadres, m’avaient déterminé à re-noncer à ce projet.
Dans un conseil tenu à ce sujet, on proposa divers expédiens,et entr’autres la machine infernale, déjà tentée par les Jocobiiis.Je m’y opposai ouvertement, non par zele pour le premier con-sul, je le regardai comme un ennemi, mais par intérêt pour le par-ti. L’idée d’assassinat attachée à un pareil projet, devait jeterde la défaveur et répugner à un honnête homme, en outre j’observai
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