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heur, vous pourriez vous rélirer dans les montagnes du J utavous y trouveriez une retraite assurée, et pourriez vous «défendre long-tems : pendant ce tems les autres départemem danslesquels vous avez déjà formé des noyaux, obligeraient à la diver-sion.—Après avoir rêvé un instant, il courut chercher sa cartepour examiner, qu’elle est la ville d’Allemagne la plus proched’une de celles que nous devons occuper, pour être à même, disait-il, de se rapprocher de nous, afin de rendre notre commuuicatioaplus prompte, et être plus à portée de nous aider de tous sesmoyens :—Ce plan mérite de ma part la plus grande attention; jel’approuve très-fort: demain et après-demain, je m’occuperaid’écrire à votre général, et je ne doute pas que Vous lui portiezune réponse satisfaisante.”
M. Drake me parla ensuite de Pichegru ; je lui demandai s'ille croyait en France . Certainement non, dit-il, je le connais beau-coup, c’est un homme de mérite, mais il est trop froid et il a tropd’aplomb pour s’être engagé aussi légèrement dans une telle dé-marche. Soyez bien assuré qu’il est dans ce moment à Londres ,et dites le partout. Quant à Georges, je sais très-positivementqu’il ne peut pas être à Paris puisque j’ai reçu des lettres de per-sonnes qui venaient de le voir au moment où l’on m’écrivait.
Je lui ai fait part des bruits de guerre continentale qui ont cir-culé, je lui ai peint cet événement comme le coup le plus terribleet le plus affreux pour les Jacobins, puisque cela affermissait à ja-mais le gouvernement, etc. Il a répondu à cela :—Ou a de fortesraisons à espérer qu’on parviendra à décider la Russie à se pronon-cer contre la France .
Il m’entretint long-tems des projets des descentes en Angle-terre, et tout en prodiguant beaucoup d’injures au premier Con-sul, il me dissimula mal la crainte que lui inspiraient et la descenteet le génie entreprenant de l’armée Française.
Il me parla beaucoup de M. Muller. Je lui répondis, d’aprèsmes instructions, que je ne l’avais jamais vu, &c. ; que je savaistrès-positivement qu’il était parti pour l’armée des côtes avec unemission très-importante: il sourit d’un air satisfait et nie dit:" Lorsque j’appris l’arrestation de Moreau, j’écrivis de suite àM. Muller, de se rendre près de moi avec recommandation delui parvenir ma lettre partout où il se trouverait, parce que je ju-geais que cette circonstance serait favorable ; Je ne conçois pas ceretard : je suis pourtant certain qu’il est en Allemagne , car un demes amis m’écrit qu’il l’a vu, qu’il lui a parlé, enfin, je l’attendstous les jours, j’espere le voir bientôt.”
Je suis bien aise de vous dire que ce citoyen Muller ne jouitpa»delà plus grande confiance: il va rarement au comité; on seplaint améi entent de ce qu’il ne s’ouvre pas assez.—En cela jevous prie de dire à votre général, qu’on à tort de lui en vouloir:lorsque je l’envoyai en France ce n’était absolument que pour lierune correspondance, mais non pour y rester comme il a fait, caril y a plus de deux mois qu’il devrait être de retour : il m’a aussi