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Remuzat de me faire expédier. C’est une satisfaction pour moide pouvoir penser que si un événement heureux me ramenait enFrance , j’y trouverais encore un gîte bien fourni pour me rece-voir. Je reçois à i’instant i'avis que la caisse de linge expédiéepar Calais est arrivé à Douvres mais on ne dit rien de Curaçao.
Il est bon, mon ami, que Page (Bailly) sache que le gouverne-ruent Anglais est plus disposé qu’il n’a jamais été à reconnaîtrepubliquement Louis XVIII. pour foi de France . Biset (Addinn-ton) l’a déclaré formellement avant-hier à Barré (le comte d’Ar-tois) en l’assurant que le parti de l’opposition y résisterait faible-ment. Ils ont eu ensemble une longue conférence à ce sujetceci est encore secret.
Ce 31 Décembre.
Je vous souhaite, mon ami, une bonne année, plus heureuse, queles précédentes. J’ai vu hier Boutin (Right, aide-de-camp ducommodore) avec qui j’ai eu une franche et amicale explication;d’où il résulte qu’il a communiqué pour le compte de Beaucousin 1(Pichegru ) non pas au Tréport, mais un peu au-dessus, du côté deDieppe . Je crois qu’il ne serait pas difficile de nous rendre mu-tuellement communs nos points de communication; car Duval i(Lemoine) est plus que jamais en relation de confiance, d’amitiéet d’affaires avec Bouchard (Pichegru ). Mais avant d’établir unesemblable réciprocité, je désire avoir votre avis et agrément, etsavoir si nos hommes pourraient sympathiser avec les siens. Va-renne (Sydney Smith) qui est en station devant Flessingue , m’amandé qu’il pourrait facilement, communiquer avec Denis (La-cote) et faire prendre chez lui, à Rotterdam , les dépêches qu’ilaurait à m’envoyer. J’ai envoyé une lettre de crédit à Corbiii,pour qu’il puisse mettre ses amis de Vallon en rapport avec Pau -part (Lacote).
Boutin (Right) qui vient de me venir voir, m’a exposé, mouami, qu’il y avait de grands inconvéniens à aller dans la baie aupoint indiqué, parce que la chaloupe pourrait y rencontrer desembarcations ennemies sortant ou rentrant, et qu’en outre la cha-loupe pourrait être vus de tous points du rivage de lâ baie; enconséquence Dumoulin pense qu’il vaudrait infiniment mieux choi-sir un autre point, au pied des falaises, entre la mer et bourg d'Euqu’il y serait facile d’y trouver et de déterminer. Comme il a euune connaissance approfondie de tous ces parages, il croit que si,par quelque cause que ce soit, le Tr éport devenait impraticable, onpourrait trouver un point de communication extrêmement conve-nable entre la Somme et Der, à l’embouchure d’une petite riviere,qui est entre les deux dernieres.
Adieu, mon ami, je vous embrasse du meilleur de mon cœur.Mille tendres et sincères complimeus à tous nos amis et amiescommunes.
Il y a bien long.tenis que le pauvre Pivert (Eugene) est privédu plaisir de vous écrire; il vous embrasse aussi tendrement qudvous aime, et vous souhaite autant de bonheur qui vous en méri-