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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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Discours du Citoyen Gillet, du Seine et Oise .

Tribuns, dans la délibération qui vous occupe, les hommes d esgénérations contemporaines ne sont pas vos seuls spectateurs-vous êtes en présence de l’histoire. Consultez-ia donc elle-même-demandez-lui par quels grands exemples le passé peut éclairer vosrésolutions actuelles 1

L’histoire vous répondra que vers le milieu du huitième sièclel’ardeur des conquêtes, exaltée par l’enthousiasme religieux, en-traîna les Sarrazirv- boi s des barrières de l'Afrique .

La France les vit se déborder jusqu’aux rivages de la Vienne :un héros, jeune encore, la sauva du double péril dont la menaçaitla fainéante inexpérience du descendant de Mérovée , et la valeurfanatique des soldats d’Abderanie. Peu après l'inutile héritierdes Rois, dégradé de la dignité de Français , fit place à la race decelui sans lequel la nation entière eut cessé d’être Française .

L’histoire vous dira encore qu’au dixième siècle un autre orageaccourut du Nord des flots de nations barbares qui se poussentet se succèdent, viennent fondre sur notre patrie. Avec eux, lepillage, l’incendie et la mort descendent de la Mer Baltique , etcouvrent les rives de la Seine et de la Loire . L’empire des Francsne sut plus se maintenir qu’autour du plus grand des débriséchappés à la dissolution générale.

Tandis que la postérité dégénérée des héros Carliens égale-ment incapable de se faire estimer des peuples et de s’estimer elle-même, voyait le dernier de ses rejetons détacher ses intérêts deceux de la France , vassal volontaire d’une puissance rivale, il luiprêtait alors un hommage dont pussent rougi ses ancêtres. Lanation refusa sa foi à celui qui n’avait pas donné la sienne et lapremière dignité de l’Etat passa dans la maison qui offrait auxintérêts snbsistans alors, la garantie la plus puissante.

Ainsi deux fois l’invasion étrangère eut détruit l’existence poli-tique de la nation, si la résistance ne fut venue d’ailleurs que dutiône ; et deux fois la nation effaça de la liste de ses chefs lesnoms des hommes inerte qui n’avaient pas su mettre obstacle à ladomination ennemie, pour y substituer les noms des loris quilui avaient servi de remparts.

Tribuns, quand les causes sont pareilles, les résultats ne doiventpas être diflérens.

Dans les époques mémorables queje viens de vous citer, y eut-il des périls plus grands, une ruine en apparence plus prochaine,que dans les évenenieus qui ont signalé la lin du dix-huitiemesiècle? Ce n’est plus sous l’irruption impétueuse des bandesmahon.étaues, ou des hordes barbares que la France a craint desuccomber, c’est sous les efforts combinés de l’Europe civilisée.Ces nations nombreuses dont la puissance et les lumières influentsur les destinées du reste du monde, ont tourné en même teinsleurs armes contre elles. Elle a vu les alliés l’abandonner pourconjurer sa perte, les rivaux s’irrriter dans leurs resseutimensavec une animosité qu’ils n'avaient pas connue encore, tous prodi-