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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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mierl’oret [ e san g pour éteindre, s’il se pouvait, jusqu’au souvenirîle sa gloire. A peine, après douze années de travaux et desouffrances, le torrent de la destruction s’est-il arrêté devant lescadavres amoncelés de deux millions d’hommes morts glorieuse-ment dans les combats, ou douloureusement immolés dans lessacrifices sanglans de la discorde. Eh ! qui donc avait soulevétant de haines et dévoué tant de victimes ? Qui avons-nous re-marqué dans la foule des suivans, attachés à la marche de nosennemies? Vous le savez, tribuns, (et tout ce qu’il y eut d’âmesgénéreuses, chez nos adversaires, en a rougi comme vous) ; c’étaientles membres de cette famille qui se flattaient encore de présideraux destinées de la France , parce qu’elle avait osé consentird’avance à en distribuer les dépouilles. Non moins voués aunéant que les derniers Mérovingiens, le sentiment de leur propreinsuffisance a paralysé leurs bras dans le poste ou les exposa lagrandeur de leurs ayeux : non moins étrangers que le dernier desCarlovingiens, ils ont oublié que l’élévation de leur race fit le châ-timent de la désertion, et ils se sont rendus tranfuges eux-mêmes.Le seul caractère par lequel ils ont su distinguer leur chute de celledes autres dynasties, c’est l’hostilité de leurs projets et la féloniede leurs entreprises. Egalement funeste au pays qu’ils ont fui età ceux qu’ils ont été chercher, partout les trésors et le sang ontété épuisés pour prix de leur séjour. Et, dans ce moment même,l’Angleterre ne recueille de la préférence qu’ils lui donnent, quela honte de s’être associée avec eux pour l’assassinat.

Depuis long-tems leur arrêt est prononcé. Il existe pour lanation Française une régie primitive gravée dans tous les cœurs,développés par toutes les circonstances de son histoire et con-sacrée par l’exemple unique de quatorze siècles d’indépendance,c’est que quiconque est séparé d’elle n’est plus digne d’être sonchef. Tout lui est possible, hormis de souffrir que son gou-vernement lui vienne de celui qui est l’homme d’une puissanceétrangère.

C’est ce noble caractère que nous avons vu éclater parmi lesalarmes de nos jours: il a créé des années, et la patrie a été dé-fendue comme par un prodige.

Un autre prodige encore était nécessaire pour la sauver. Ilfallait qu’au milieu d’elle il se montrât un homme capable d’im-poser à toutes les passions par l’élévation de son âme, à la re-nommée par la hauteur de ses actions, intrépide dans les dan-gers, inébranlable parmi les bouleversemeiis des empires, assezpénétrant pour découvrir au travers des ruines les germes d’uneprospérité nouvelle ; assez prudent pour ne point devancer leurmaturité, infatigable dans toutes les genres de travaux ; ar-demment épris de cette véritable gloire, qui veut que la force nesoit employée qu’au repos des peuples, et la politique qu’à leurbonheur.

Cet homme, la France l’a trouvé dans Napoléon Bonaparte .Si donc il est vrai que ses nobles services égalent en nombre et enéclat tous ceux qui ont élevé autrefois des héros pour l’instaura-