1122
je viens de rappeler avait conduit à fonder une nouvelle dynastieMais alors comment auraient-ils pu s’accorder sur le choix d’unchef digne de la commencer, de monter sur les pavois des Francs?
Ce n’est pas inutilement, citoyens tribuns, que nous auronssubi les longues angoisses de la révolution. Il fallait que la maturite des teins produisit un héros dont la Providence avait décrétél’alliance avec les destinées de la première nation du monde; il| a |.lait qu’il parût avec tant d’éclat que toutes prétentions dussent setaire devant sa gloire ; il fallait qu’il eût sauvé plusieurs fois ] apatrie ; il fallait qu’il unit à la supériorité des talens militaires cegénie caractéristique du petit nombre d’hommes appelés àfixer le sort des générations ; il fallait que dans sa familledigne d’un si grand nom, on remarquât toutes les qualitésprop r es à obtenir le respect et l’attachement d’une nation éclairéeque ce nom fut Consacré par les négociations les plus habilescomme les plus importantes, et qtt’après avoir été inscrits à deuxreprises dans les fastes du tribunat pour de solennelles actions degrâces, il se retrouvât partout où il y a d emiuens services à ren-dre, sous la lente aussi bien que dans le cabinet. 11 ne sVitpas seulement d’une dynastie qui commence ; c'est aussi la fon-dation d’un nouvel empire qui s’acheve. Même entre les troisraces que comptait la Monarchie Française, on ne saurait mécon-naître de grandes différences de pouvoir, de gouvernement et deconstitution. Cependant, ces dissemblances, quoique tlès-notables,îie sont rien en comparaison du contraste frappant qui se prononceentre la monarchie que nous avons vu tomber, et l’empire qui vas’affermir sous les auspices de la gloire et de la liberté.
La vieille monarchie était un des jeux du hasard ; l’empire quise fonde sur ses ruines est l’ouvrage de la victoire et du génie.Ce qu’ou appelait le Royaume de France se divisait en une infi-nité de parties hétérogènes. Une aggrégation fortuite n’avait puabolir l’ancienne distinction qui séparait les Provinces Françaises,lorsqu’elles n’étaient réunies que par le faible lien de la suzerainetéféodale . Les droits et le langage de l’autorité variaient avec leslocalités. Ici commandait le Roi de France , là sollicitait le Ducde Bretagne , ailleurs des pays conquis réclamaient l’exéculinn deleurs capitulations. On était Breton ou Alsacien avant d'êtreFrançais ; leshabitans des différentes portions du territoire étaientplutôt alliés que concitoyens. Les privilèges de la province, pas-saient avec le bien public. Le gouvernement, lors même qui!avait les meilleures intentions, était obligé de s’arrêter devant desbarrières qu’il ne pouvait franchir. Il était réduit ou à délaisserabsolument les projets d’améliorations qu’il avait formés, ou à lesatténuer par des négociations plus ou moins adroites entre lesintérêts provinciaux.
Ce ne sont plus aujourd'hui d’antiques chartes qui décident,c’est la loi qui ordonne. Elle régné uniformément sur toute laFrance . Nulle part il n’est question des privilèges de la province;partout le bien public a la même acception. Au nord commeau midi on vit sous le code Napoléon , on obéit aux mêmes or-