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Si la confiance et le respect rendent plus facile la tâche de celuiqui gouverne, on ne peut se dissimuler que le chef héréditaire a,sous ce rapport, de grands avantages sur le magistrat électif.
A peine l'homme a-t-il délégué le pouvoir, qu’il le regrette etl'envie, les vertus éclatantes qui ont décidé son choix commandentl'enthousiasme et l’admiration plutôt quelles n’inspirent l’amour.Ces seiitimens passent comme la plante qui jette promptement safine, et seche aussitôt qu’elle a donné ses fruits.
D'ailleurs tous ceux qui ont concourus à son élévation, croientavoir sur lui une créance proportionnée à l’importance de leursservices. Ses bienfaits lui paraissent l’acquis d’un juste salaire;ses refus, la dénégation d’une dette, sa faveur n’est à leurs yeuxque de la reconnaissance ; sa justice est taxée d’ingratitude.
Le chef héréditaire, au contraire, est un don de la Providence,sollicité par les vœux, accueilli par la joie du peuple. La missionéclatante à laquelle il est -appelé dès qu’il respire, imprime à sapersonne un caractère auguste et même sacré.
Le vulgaire se persuade facilement que Dieu honore de faveur*et de dons particuliers ceux qu’il a marqué de tous les tems pourgérer de si grands intérêts; il n’a jamais eu d’égal ; il est impos-sible qu’il connaisse de jaloux : l’amour et le respect s’attachent àson berceau, et croissent avec lui. Comme il ne s’est point missur les rangs, comme on l’a placé sans le consulter, on trouveraitinjuste d’exiger de lui cette supériorité qui peut seule justifier lesgrandes prétentions
Il a été pris au sort, ses talens sont un lot incertain. On n’a-vait droit de rien espérer, c’est un motif pour qu’on lui tiennecompte de tout : l’amour et le respect exagèrent ses bonnes quali-tés, et trouvent des excuses pour ses faiblesses ; ou lui pardonnel’erreur ; on suppose qu’il peut avoir besoin de conseils, et que cesconseils peuvent l’égarer : tous le bien lui appartient, le mal est untort de ses ministres.
S’il le savait ! Cette phrase consolante n’est point appliquée auchef électif, il a présumé de ses forces, il s’est porté comme supé-rieur à tous. 11 doit tout voir, tout savoir il u’a le droit de s’enreposer sur personne, et l’orgueil humilié se console en l’accablantde tout le poids de son immense responsabilité.
La première condition pour la bonne administration d’un état,c’est que celui qui le gouverne n’ait |>oint d’intérêt séparé des in-térêts du peuple; dans l’ordre électif le chef a presque toujoursdes espérances et des craintes étrangères à la prospérité de la na-tion. Chaque mutation est une crise, et présente une nouvellefamille à orner et à enrichir, de nouvelles créatures à enchaînerdans les liens de la faveur et des bienfaits, d’anciens ennemis àpunir ou dont il faut paralyser le ressentiment.
Le chef héréditaire est en communauté de gloire et de puissanceavec l’état ; il arrive entouré de l’immense clientelle de ses ancê-hc* ; et tranquille sur l’avenir lorsqu’il acquitte la dette de la ua-
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