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ture, il dépose sans crainte sa famille et ses amis sous la protec-tion de son successeur.
En un mot, citoyens tribuns, l’ordre électif est une nier ora-geuse qu’affrontent passagèrement l'inexpérience ou le caprice despeuples, l’hérédité est un port ou le vaisseau de l’empire trouve unasyle pendant la durée des siècles vers lequel le cours des choseshumaines, plus puissant que nos vains projets tend toujours à lediriger.
Les tems sont arrivés, citoyens tribuns, de quitter l’océan dèssonges et d’aborder l'empiré des réalités. La France vous rede-mande la place que depuis quatorze siècles elle a occupée parmiles nations. Elle vous redemande pour un grand homme le ranget les honneurs qui ont rendu ses chefs respectables aux yeux desautres souverains. L’accroissement de sa puissance et de sa gloire,réclame pour celui qu’elle investit du dépôt de ses destinées, uneauréole de majesté digne de lui même et du peuple qu’il doit re-présenter. Les yeux des Français ne seront point éblouis d’unepompe étrangère; ces honneurs sont un antique patrimoine danslequel tout les autorise à rentrer. La couronne de Charlemagne est le juste héritage de celui qui a su l’imiter.
\ Les rives de la Seine verront renaître les beaux jours dont leTibre s’est honoré. Par cette grande institution, l’espérance et lasécurité s’affermisent dans tous les cœurs. Les amis de la révolu-tion ont un gage contre les vengeances d’une famille dégénérée,qui, même, dans l’asyle des malheurs médite encore le carnage etles spoliations. Vous rendez a jamais inutiles les complots d’unenation parjure. Vous armez d’une force invincible le bras quidoit lui porter les derniers coups.
Vous serez bénis par la génération présente dont vous assurezla gloire et la félicité ; votre mémoire sera cliere aux races futuresdont vous aurez préparé la paix, et vous pourrez-vous dire: dansla poussière d’un arbre consumé par le tems, nous avons plantéun jeune arbre dont les branches vigoureuses promettent de lon-gues et d’abondantes récoltes. La motion de notre collègue estappelée par le vœu public et gravé déjà dans le cœur de tous lesFrançais .
Je m’empresse de l’appuyer.
Discours du Citoyen Carion Nisas.
Tribuns, je ne saurais dissimuler que c’est en partie un mouve-ment personnel qui m’a porté à prendre la parole après tant d’ora-teurs distingués.
Souffrez que je vous rappelle, en effet, combien de fois, poussépar une conviction intime, j’ai, clairement insinué comme néces-saires ces mêmes mesures que réclame aujourd'hui si hautementle peuple Français.
N’aguere frémissant encore du coup qui nous avait tous mena-cés, faisons ensorte, m’écriai-je, qu’un tel coup soit désormais inu-tile, et que le profit du crime ne balance pas la honte de l’attentat.