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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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Si nous ne cherchons pas, disais-je, dans une autre occasion ànous rendre propres les dons que la Providence nous a faits, ellese retirera de nous, si nous ne méditons pas profondément les vé-rités gravés sur le tombe des siècles, bientôt notre liberté n’aura étéqu’un essai malheureux, notre grandeur qu’une prétention inju-rieuse, notre gloire enfin qu’un rêve magnifique.

Dès l’époque de votre libération sur le concordat, je montraiscomme un événement vulgaire dans l’histoire connue, l’issue laplus favorable des révolutions d’un grand empire, l'élévationd’une race nouvelle et plus énergique au. rang abandonné parune dynastie dégénérée. Je me félicite (l avoir vu mes vœuxdevenir si promptement des espérances, mes espérances des cer-titudes.

Mais qui pouvait manquer de saisir la sagacité du peuple Fran-çais , agité, éclaiié par tant de craintes terribles, par tant de sou-venirs plus terribles, par tant de souvenirs plus terribles encore, etcependant favorisé dans la liberté de ses méditations, par toute ladouceur d’un calme domestique long tems inconnu?

C’est ainsi que dans un vaisseau dont le sillage est tranquille, onse doute à peine qu’on avance ; et tout à coup, à la vue du port,oh s’étonne et on admire qu’on ait pu faire tant de chemin en sipeu de tems.

Cette époque est heureuse, surtout en ce qu’elle va jeter ungrand jour sur les hommes et sur les opinions; faire connaîtreceux dont les systèmes prétendue cachaient des intentions per-fides, et ceux dont toutes les pensées étaient sincèrement attachéesà procurer le plus grand bien possible à leur pays.

Aux deux extrémités, nous distinguons encore, d’un côté, lesfrémissemens insensés de ceux qui redemandent la hache san-glante des tyrans populaires ; de l’autre, les gémissemens stupidesde ceux qui regrettent le sceptre de plomb des rois fainéaris.

Au milieu, un peuple innombrable qui n’a jamais qu’un cri,qu’un besoin, gloire et repos.

La vérité éternelle rallie infailliblement tons les bons esprits.

L’expérience qui forme le cercle des illusions humaines, ramène,par les mêmes événemens et les mêmes besoins, aux mêmes me-sures, aux mêmes principes.

L’empire des volontés et des systèmes, reconnaît l’empire su-prême de la nécessité.

Demandez aux publicistes éclairés de tous les tems, quel estle meilleur et le plus heureux gouvernement ; croyez-vous qu’ilsvous répondront diversement, selon lieur siècle ou leur patrie?

Croyez-vous que l’Angleterre soit, en effet, la terre classique dela vrai liberté et du gouvernement légitime, comme le lui accor-dait trop libéralement un de nos plus illustres orateurs.

Non, la vérité existait avant elle, les sages l’avaient annoncée,leur doctrine est unanime.

Interrogez l’orateur Romain, pere de la patrie, et l’historien7 E2