(ont pus le patrimoine des familles ; ils ne sont établis que pour lesnations, en vue de leur salut et de leur bonheur. Et certes, ceuxmêmes qui étaient dévoués à l’ancienne dynastie, ceux qui ré-pugnaient à voter sa déchéance, doivent être convaincus aujour-d’hui, que son retour, si on le supposait possible, entraînerait desmaux incalculables, rameuerait tous les abus de l’ancien régimeferait perdre à la nation les avantages inappréciables que la révo-lution lui a procurés, que sou pacte social lui a garantis et qu’ellea mérité sans doute par ses longues souffrances, de conserver àjamais.
La France ne pourra achever sa révolution, ni prendre l’assiettequi lui convient, qu’en établissant cette suprême magistrature hé-réditaire, cet ordre de succession immuable qui seul pourra lamettre à l’abri de toute nouvelle secousse. Son chef héréditairedoit être révêtu de tonte la majesté nationale. Un titre éminentdoit lui être conféré, qui soit adapté aux usages repus parmi lesmembres de la grande famille européenne . C’est l'intérêt le pluscher de la France , c’est celui de sa tranquillité et de son bonheurqui exige cette mesure.
Et eu qui pourra-t-elle mieux placer sa confiance qu’en celuimême dont le génie a vu fixer la victoire sous ses drapeaux, à quil’Europe doit la paix, la France son calme, sa religion et seslois 1
J’adhere à la motion qui vous a été faite, et il ne me reste qu’àdésirer que des mesures de prudence et de sagesse soient prisespour que toute l’Europe soit convaincu que ce n’est point ici levqeu du premier Consul, ni celui du tribunat, mais le vœu de laFrance entière qui se prononce, le vœu enfin que le salut et laprospérité de l’état nous commande.
Discours du Citoyen Carnot.
Citoyens, tribuns, parmi les orateurs qui m’ont précédé, et quitous ont appuyé la motion d’ordre de notre collègue Curée, plusieursont été au-devant des objections qu’on pouvait faire contre elle,etils y ont répondu avec autant de talent que d’aménité; ils ontdonné l’exemple d’une modération que je tâcherai d’imiter en pro-posant d’autres observations qui m’ont paru leur avoir échappé ;et quant à ceux qui, pareeque je combattrai leur avis, pou-raientm’attribuer des motifs personnels indignes du caractère d’u»homme entièrement dévoué à sa patrie, je leur livre pour touteréponse l’examen scrupuleux de ma conduite politique depuis lecommencement de la révolution, et celui de ma vie privée.
Je suis loin de vouloir atténuer les louanges données au premierConsul ; ne dussions-nous à Bonaparte que le code civil, son nommériterait de passer à la postérité. Mais quelques services qu’uncitoyen ait pu rendre à sa postérité, il est des bornes que la raisonimpose à k reconnaissance nationale. Si ce citoyen a restauréla liberté publique, s’il a opéré le salut de son pays, sera-ce unerécompense à lui offrir que le sacrifice de cette même liberté ?
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