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SOUS LÀ PREMIÈRE RACE.
lions, c’est-à-dire fidèles. Compagnons d’armes du chef, ils avaient partagé aveclui le butin et les terres qu'on appela terres saliques , et ils participèrent au gou-vernement, etc.
Une des coutumes introduites par les Francs dans la Gaule y mit la domesti-cité en honneur, et contribua à l’avilissement général. Les Romains, pour leservice de leurs personnes, avaient des esclaves ; les francs, orgueilleux commele sont tous les Rarbares, trouvèrent cet usage indigne d’eux. Us continuèrent,suivant leurs antiques coutumes, à se faire servir par des hommes d’une nais-sance illustre, par les fds de leurs parents, de leurs leudes ou fidèles ; ils ren-voyèrent à l’agriculture et aux travaux mécaniques les esclaves romains, et lesserviles emplois de ces derniers furent remplis par des fils de princes ou denobles (1).
Cet ordre de choses, que je ne puis qualifier de gouvernement , parce que ceuxqui possédaient l’autorité exploitaient et ne gouvernaient pas; parce que lespouvoirs, vaguement limités ou sans limites, étaient répartis sur un trop grandnombre d’individus; parce que les droits restaient sans garanties; parce quela violence, l’arbitraire et un aveugle despotisme, remplaçaient tout ce quiconstitue un gouvernement; cet ordre de choses, dis-je, pouvait convenir à deshordes à demi sauvages, vivant de brigandages dans les forêts de la Germanie ;mais il dut paraître fort étrange et causer une consternation générale, lorsqu ilfut transplanté dans un grand État, au milieu d’une nation façonnée, depuiscinq cents ans, aux lois, aux arts et à la civilisation des Romains. Dans leTableau des mœurs, placé à la fin de ce chapitre, on trouvera plusieurs faits quiserviront de preuves à l’esquisse que je viens de tracer. Avant de décrire lesinstitutions existantes à Paris pendant la première race, institutions toutesreligieuses, il convient de faire précéder leur description d’une notice histo-rique sur l’établissement de la religion chrétienne dans la Gaule , et particulière-ment à Paris .
(1) De celte commue barbare esl résultée l’espèce d’illustration accordée en Franco à des placesde domestiques.
Celui qui, chez les Francs , était chargé de la surveillance des chevaux, des écuries et des étables,devint le premier dignitaire de la monarchie française, sous le litre de cornes stàbuli, comte de1 étable ou connétable.
Le litre de maréchal désignait originairement, et désigne encore auj > militaire,
pansait et ferrait les chevaux; le nom de ce métier est devenu un u r percevait les rede-
Le sénéchal n’était qu’un domestique qui veillait à la sûreté de a tuais » justice,vantes du maître, et qui le servait à table : on en lit depuis un gran -o c ,, r and-oflicier de
Le grand-panelier, qui, dans l’origine, n’était qu’un boulanger, es ^ lonne aux et les
la couronne. 11 en fut de même de grand bouteil 1er, qui smv Hnmpstiaues chasseurs,
bouteilles; du grand-veneur et du grand-louvelier, qui n étaient que e pharliées de titres
que de familles se sont enorgueillies de compter parmi leurs aïeux des personnes chargéesqui rappellent des professions extrêmement roturières et serviles. , s en f a uls dans
Les nobles, depuis la première race jusqu’à nos jours, ont continue en » ^ leufs fils, à
les maisons des hommes puissants, et se sont crus fort honores e pouv 1 p servantes,
leurs tilles, des places de domestiques portant livrée, et les litres e var e , „ pn iilshommcs ,filles, dénominations qui, dans des temps plus polis, ont été changées en celles de geniaside filles ou dames d'honneur.