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SOIS LA P H KM IL KL U A CK.
» car alors les mystères ineffables de la Trinité divine n'étaient encore parvenus» à la connaissance que d'un petit nombre de personnes. » Ce passage , qui estfortifié par le témoignage de Sulpice Sévère , prouve qu’avant l’an 372,époque où saint Martin commença à prêcher l’Évangile dans les Gaules , lechristianisme n’y était connu que par un très-petit nombre de personnes , et queles prédications de saint Denis et des autres évêques, envoyés, dit-on, dans lesGaules plus d’un siècle avant, si elles eurent lieu, furent très-peu fructueuses.On voit, en effet, du temps même de saint Martin, le culte idolâtre dominerdans les villes, et surtout dans les campagnes ; on y voit des temples, des divi-nités, leurs prêtres, et la religion des anciens Domains en plein exercice. 11 estévident que c’est plutôt à saint Martin qu’à saint Denis qu’appartient la gloired avoir converti les Gaulois au christianisme.
Parmi les évêques qui, après saint Denis, ont prêché la foi chrétienne à Paris ,le premier dont l’existence soit à l’abri de la critique est Viclorimis, que, dans1 ordre chronologique, on a nommé le sixième évêque de Paris , et qui pourraitbien être le premier qui ait mérité ce titre, le premier qui ait organisé un clergéa Paris et qui ait donné quelque consistance au christianisme. 11 est, en effet,le premier dont on trouve le nom, avec le titre d évêque de Paris , dans les actesd un concile qui fut assemblé à Cologne en 3W1.
11 se tint, dit-on, pour la première fois, vers les années 360 ou 361, un synodeou concile à Paris . On ne sait point quel était alors l’évêque de cette ville , ni lenombre de ceux qui y assistèrent. On doit en induire que cette cité contenaitalors un établissement stable et propre au culte chrétien ; mais l’œuvre de laconversion des Parisiens n’était encore qu’ébauchée. L’antique religion desDomains dominait dans la Gaule ; le christianisme ne s’y présentait que sous lesformes d’une secte naissante.
Les évêques Paulus et Priulentius , qui succédèrent à Victorinus , sont peuconnus. Après eux vint Marceüus, fameux à Paris sous le nom de suint Marcel
ou saint Marceau. Si l’on s’en rapporte à sa légende, il convertit un gian nde païens; il métamorphosait en vin excellent et en baume leau puiseeSeine . On n’employait point alors, pour convaincre les esprits, a puissa ^ ^
raisonnement; mais c’est avec des guérisons étonnantes, des opérations meleuses, qu’on les subjuguait. Ce n’est point la légende du saint qui me e cà croire aux progrès qu'il fit faire à la religion chrétienne , mais bien a vie ^qu’il remporta sur un dragon qui désolait Paris . Toujours , à cette époque, ^dragon vaincu par un saint était l’emblème des conversions nom reuses,triomphe du christianisme sur le démon, ennemi de cette i eligion, i emoreprésenté sous la forme d’un serpent.
Saint Marccllus mourut en l’an à36. Il avait sans doute fait beaucoup e P 10sélytes à ia religion chrétienne ; mais il en laissa un très-grand nombre a an e ,puisque, plus d’un siècle après lui, on voit encore le paganisme dominer dans lescampagnes, ainsi que le prouvent les édits de plusieurs rois de Fiance .
Pendant cette période, aux superstitions romaines et gauloises v inren. sejoindre celles des Francs. Les évêques ne combattirent que celles qui pouvaiennuire à leur domination et à leurs intérêts; ils adoptèrent divers genres