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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE HE PARIS

divinations et dopérations magiques. Ils christianisèrent les dénominations, etmaintinrent la chose : les philactères, les talismans, furent remplacés par desreliques ; leau lustrale, par leau bénite; les ambarvales, par les litanies ou roga-tions, etc., etc. Les sorts virgiliens ou homériques reçurent le nom de sorts dessaints. Cest ainsi que Clovis , tout baptisé quil était, passant par Tours pouraller combattre les Yisigolhs, demande à prendre les auspices. Le clergé de cetteéglise se prêta complaisamment à cette pratique païenne. Grégoire de Tours napas le courage de la blâmer en cette circonstance ; mais, dans une autre, il la qua-lifie de pratique barbare (1).

Ce mélange impur, commencé sous le règne de Constantin , saccrut beaucoupsous la domination des Francs : les évôques ne prêchaient plus la morale, et nerecommandaient que lobservation de certaines cérémonies, la plupart originairesdu paganisme. La religion chrétienne fut considérablement dénaturée , et restadans cet état pendant tous les siècles de barbarie.

ÉTABLISSEMENTS RELIGIEUX DANS LA PARTIE MÉRIDIONALE DE PARIS .

BASILIQUE DES APOTRES SAINT PIERRE ET SAINT PAUL (2) , depuis nomméeAbbaye Sainte-Geneviève , fondée vers lan 508. Grégoire de Tours dit que Clovis de concert avec la reine Clotilde , son épouse, en fut le fondateur; mort en511, il y fut enterré. On a vu, jusquà lépoque de la révolution, le tombeau dece roi figurer dans le chœur de léglise Sainte-Geneviève, tombeau dont la con-struction navait point le caractère des monuments du sixième siècle, et appar-tenait à des temps plus récents. Sa restauration, mais non pas sa date, estattestée par une inscription qui y a été gravée. On pense que le tombeau primitif,construit de pierres communes et ruiné par le temps, fut reconstruit, vers lequatorzième siècle, avec plus de soin et délégance (3).

Clotilde mourut en lan 515, et fut enterrée dans la même église, peut-êtredans le tombeau de son époux ; car on ne lui en connaît aucun qui lui soit parti-culier. Les Danois, en 857, détruisirent et brûlèrent cette basilique dont Étiennede Tournay déplore la ruine. « Elle était, dit-il, de construction royale, décorée» au dedans de mosaïques, comme ses ruines en offrent la preuve, et ornée de» peintures. Ces misérables la livrèrent aux flammes; ils népargnèrent ni le saint» lieu, ni la bienheureuse vierge (sainte Geneviève), ni les autres saints qui y

(1) Cette pratique fut encore longtemps en vigueur; lorsquun évêque était élu, pour connaîtrequel serait le sort de son gouvernement, on ouvrait au hasard le livre des Évangiles, et les parolesqui se trouvaient au commencement de la première page étaient considérées comme un pronosticcertain des événements de son épiscopat. Guibert, abbé de Nogent , cite, sans les désapprouver, desexemples de cette pratique. (Recueil des Wstoriens de France , toin. XII, pag. 215, 260.)

(2) Grégoire de Tours et les écrivains de son temps donnent constamment la qualificalion deBasiliques aux bâtiments de fondation royale, consacrés au culte chrétien. Le mot Église nétaitjamais employé que pour signifier lensemble des fidèles, la réunion du clergé et du peuple. Les Ro-mains donnaient le nom de Basiliques aux édilices publics, aux palais des empereurs, des procon-suls, aux édilices destinés à ladminisiration de la justice. De ce mot Basilique, on a fait celui deBasoche .

(3) Ce dernier tombeau a été transféré, en 1S1G, dans léglise de lancienne abbaye Saint-Denis.