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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DE PARIS

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honneurs et aux richesses de lépiscopat : préféré au frère de Ragnemode, sonconcurrent, parce quil fournit une plus grande somme dargent, lévêché luifut adjugé. Il chassa tout le. clergé de son prédécesseur, et le remplaça par desecclésiastiques syriens, attachés à sa maison. Il occupa peu de temps le siègeépiscopal. Faramondus, son compétiteur, le remplaça bientôt : on ne sait si,pour cela, il attendit la mort dEusèbe . Des évêques qui viennent ensuite, jevais citer les plus connus. Landericus ou saint Landri, vingt-huitième évêque,est du petit nombre de ceux dont le nom mérite dêtre honorablement men-tionné; il fut, en lan 650, élevé au siège épiscopal. Lannée suivante, une hor-rible famine désola les habitants de son diocèse : notre évêque vendit les meu-bles de sa maison, les vases précieux de son église, pour nourrir les pauvres.On lui attribue la fondation de lHôtel-Dieu ; cette assertion nest appuyée suraucune preuve. On sait quavant lui, près de toutes les églises cathédrales, ilexistait un hospice destiné aux pauvres, appelés matrieulaires , cest-à-direenregistrés dans la matricule de ces églises : peut-être saint Landri fit-il recon-struire ou réparer le bâtiment qui leur était consacré. Landri eut pour succes-seur Chrodobertus, dont les actions sont peu connues. Sigobaudus ou Sigober-raudus, trentième évêque de Paris, est traité, dans la vie de sainte Bathilde , demisérable évêque, dont lorgueil causa la mort. En 664, il vint à Chelles , auprèsde la reine Bathilde , et prit querelle avec les Francs de cette reine ; il en résultaune émeute cet évêque fut tué. Lauteur de la vie de sainte Bathilde ditquil mérita sa mort, lmportunus succéda à Sigoberraudus. 11 nest connu quepar une correspondance quil eut avec Frodobertus, évêque de Tours. Ce der-nier, pendant que les habitants de son diocèse souffraient une rigoureuse fa-mine, chargea lmportunus de lui acheter du blé, et de le lui envoyer à Tours . Ceblé, arrivé, se trouva corrompu ; il était impossible de sen nourrir. Frodobertussen plaignit à lévêque de Paris , et lui envoya un échantillon du pain fabriquéavec ce blé, pour lui prouver quil nétait pas mangeable. Quoique les plaintesde Frodobertus ne fussent accompagnées daucune parole offensante, Impor-tunus en fut vivement piqué. Au lieu de justifier sa conduite, il lui répond quilne veut avoir aucun démêlé a\ec lui ni avec ses pareils. 11 lui reproche davoirfait enlever la femme unique de Grimoalde, maire du palais de Sigebert , delavoir fait transférer dans un monastère de Touraine , il vivait avec elle dansun commerce scandaleux. Lévêque de Paris , dans une autre missive, accableFrodobertus des injures les plus violentes, les plus grossières : « Il ne croit,» dit-il, ni à Dieu , ni à son Fils, ni aux saints; il est dominé par le diable.» Il a toujours fait du mal. Tes père et mère, ajoute-t-il, navaient aucun respect

» pour le Christ, puisquils tont toi-même engendré dans un monastère.

» Rappelle-toi les iniquités que tu as commises contre le maire du palais

» Grimoalde, contre sa femme, que tu lui as enlevée. Tu lui as ravi son or,

» son argent, son honneur. » Il lui parle ensuite de ses amours avec une jeunefille, le traite de fornicateur, et lui donne un conseil, que sans doute lévêque deTours n'aura pas suivi, celui de se soumettre à une certaine opération, seulecapable de mettre fin à son libertinage [per omnia jubé te castrare, ut non pereasper talia ).