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La mauvaise nourriture que prenaient les peuples pendant ces disettes engen-dra cette cruelle maladie, inconnue dans les temps civilisés, et appelée le feusacré, la maladie des ardents, le mal d'enfer. Le territoire des Parisiens fut, enl’an 945, désolé par cet horrible fléau : les malheureux qui en étaient frappéssentaient leurs membres dévorés par un feu intérieur, supplice qui se terminaitpar la mort. Quelques-uns de ces malades, pour être soulagés, allaient dansl’église de Paris ; et Flodoard dit que plusieurs y furent guéris : il ajoute que leduc Hugues les nourrissait à ses dépens : cependant on en vit qui, n’éprouvantnul soulagement, retournaient dans leur pays : mais le mal, dit ce chroniqueur,augmentait à mesure qu’ils s’éloignaient de cette ville, tandis qu’ils étaient radi-calement guéris lorsqu’ils retournaient à Notre-Dame .
commerce. Pendant les premiers temps, les temps prospères de cette période,le commerce, malgré les nombreuses entraves qui contrariaient sa marche,malgré la gêne toujours croissante des contributions et des péages, se maintintà Paris , comme il s’y était maintenu sous la première race ; mais après la mortde Charlemagne , les guerres intestines, causées par l’ambition ou la cupiditédes princes, des ducs, des évêques et des comtes, et par les incursions fré-quentes des Normands, le détruisirent entièrement. Les Annales de Saint-Bertin rapportent que ces brigands, après avoir, en l’an 861, incendié l’abbaye Saint-Vincent et Saint-Germain (Saint-Germain-des-Prés ), mirent en fuite les négo-ciants, les navigateurs sur la Seine , et les firent prisonniers. Cette incursion desNormands fut suivie de plusieurs autres, qui durent être encore plus funestesau commerce de Paris . Depuis cette époque jusqu’au treizième siècle, le com-merce sur la Seine paraît avoir été entièrement interrompu : on ne trouve pointd’indices de son existence. Les Juifs, dont l’avidité bravait les dangers, lesavanies, ainsi que les extorsions des hommes puissants, se livraient ordinaire-ment à un genre de négoce plus propre à détruire l’industrie qu’à la faire pros-pérer : ils restèrent encore à Paris. Les marchands Syriens , qui abondaientdans cette ville, sous la première race, en disparurent pour toujours. L’horribleanarchie qui signala les derniers temps de la seconde race n’était guère propreà faire revivre le commerce, à favoriser cette précieuse branche de l’économiesociale.
11 existait à Paris un établissement où l’on frappait monnaie, comme on le voitpar un capitulaire de Charies-le-Chauve, de l’an 864.
Paris était trop pauvre, ses habitants trop misérables, trop ignorants pourqu’il pût s’y établir des spectacles publics. Cette absence est peut-être l’indiced’un défaut de prospérité ; mais elle ne doit pas être regrettée ; car, pendantcette période, ces amusements étaient extrêmement grossiers. Charlemagne ,dans un capitulaire donné à Aix-la-Chapelle , en 789, défend aux fils de prêtreset à tous les chrétiens d’assister à ces spectacles, où l’on ne voit, dit-il, que desindécences.