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glise Notre-Dame pour assister aux otïiees. A sou arrivée, il vit avec surpriseque les portes de cette église lui étaient fermées; il demanda la cause de cetaffront; des chanoines lui tirent cette réponse: «Quoique tu sois roi, tu>> n’en es pas moins cet homme qui, contre les libertés et les coutumes sa-» crées de la sainte Église, a eu l’audace de souper à Créteil , non à tes dépens,» mais à ceux des habitants de ce village : voilà pourquoi l’église a suspendu» les offices, et t’a fermé sa porte. Tous les chanoines ont pris la résolution» de se soustraire à ton autorité; et, plutôt que de souffrir la moindre at-» teinte aux lois de leur église^ils sont prêts, s’il est nécessaire, à endurer» toute sorte de tourments. »
A ces mots, le roi, frappé de terreur, gémit, soupira, versa des larmes, ets’excusa en disant aussi humblement qu’il lui fut possible : « Je ne l’ai point» fait exprès; la nuit m’a surpris en chemin; il était trop tard pour que je« pusse continuer ma route, et aller jusqu’à Paris; les habitants de Créteil se» sont empressés de fournir à mes dépenses; je ne les ai point forcés, et je» n’ai pas voulu repousser leur accueil obligeant ; qu’on fasse venir l’évêque» Thibaud et le doyen Clément, tout le chapitre et même le chanoine pré-» vôt de ce village ; si je suis déclaré coupable, je ferai satisfaction. Je m’en» rapporte à leur décision sur mon innocence. »
Cependant Louis VII , resté à la porte de l’église, attendait le résultat deses demandes, et récitait dévotement ses prières. L’évêque faisait des démar-ches auprès des chanoines, sollicitait en faveur du roi et offrait d’être cautionde ses promesses. Les chanoines, intraitables, ne se confièrent ni aux paro-les du roi, ni à celles de leur évêque; ils ne cédèrent que lorsque ce prélat leureut remis deux chandeliers d’argent pour gage de la promesse de ce prince.Alors seulement ils lui ouvrirent les portes de leur église.
Louis VII, après avoir restitué les frais de son souper à Créteil , vint dépo-ser solennellement sur l’autel de Notre-Dame , comme un monument éternel durespect dû aux biens des prêtres, une baguette sur laquelle était inscrit lerécit succinct du délit et de sa réparation.
Les seigneurs ecclésiastiques avaient l’orgueil des seigneurs laïques, et par-tageaient avec eux les autres vices des dominateurs féodaux ; en voici unexemple entre autres: En l’an 1133, Étienne, évêque de Paris , accompagnéde quelques ecclésiastiques de cette ville, se rendit à Chelles pour réta-blir le bon ordre dans l’abbaye de ce nom. A son retour, il fut assailli parles hommes du château de Gournay, c’est-à-dire par les neveux de ThibaudNotier, archidiacre de Paris : «Nous marchions en portant lu paix, dit l’évê-» que Etienne dans une de ses lettres, et nous étions sans armes, puisque•> c’était un jour de dimanche; ils se jettent sur nous, leurs épées nues à la» main ; et, sans respecter Dieu , le jour saint, ni moi, ni les personnes véné-» râbles qui m’accompagnaient, ils percent de coups mortels cet innocent» (Thomas, abbé de Saint-Victor), et m’ordonnent de m’éloigner promptement,» si je veux éviter la mort. Nous nous jetons à travers les épées, nous tirons» des mains de ses bourreaux le corps de ce malheureux à demi mort et cruel-» lement déchiré, etc. «L'évêque se plaignit de cet assassinat à plusieurs prélats,