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pour toujours. Cette scène poétique fut, dit-on, imaginée par la veuve ducomte d’Harcourt.—Dans une autre chapelle, située derrière le chœur etréparée en 1818, on a placé le mausolée en marbre du cardinal de Belloi,archevêque de Paris , qui mourut presque centenaire. Ce mausolée, composéde plusieurs figures, est l’ouvrage de Deseine.
Une autre chapelle, située au rond-point de l’église et correspondant àl’axe de l’édifice, est consacrée à la Vierge. On y a placé la belle figure en al-bâtre représentant la vierge Marie , sculptée à Rome par Antoine Raggi, d’aprèsun modèle du cavalier Bernin. Cette figure, avant la révolution, se voyait dansl’église des Carmes-Déchaussés delà rue de Vaugirard.—La nef, autrefois char-gée d’une multitude de tableaux, dont plusieurs offraient de hideuses imagesde supplices et dérobaient aux yeux les formes architecturales de l’édifice,commence à s’en garnir de nouveaux. — Dans une chapelle du côté droit est,sur l’autel, un tableau fort estimé, représentant le Saint-Esprit descendant surles Apôtres; il est l’ouvrage de Blanchard.
On voyait, en 1785, au premier pilier de la nef, à droite, une statue de saintChristophe, de vingt-huit pieds de proportion, et au bout de la nef, à droite del’entrée du chœur, se trouvait une statue équestre de Philippe-le-Bel , grandecomme nature, élevée sur un socle et supportée par deux colonnes. Le chevalétait presque entièrement couvert d’un caparaçon, et le roi était représentéla visière de son casque baissée, l’épée à la main, dans l’équipage où il étaitlorsque, après la guerre contre les Flamands , il entra achevai dans l’égliseNotre-Dame pour remercier Dieu et la vierge Marie de la victoire qu’il avaitremportée. Cette statue équestre était intéressante comme monument du cos-tume et de l’état des arts de ce temps. Quelques savants ont cru qu’elle repré-sentait Philippe de Valois ; mais une longue discussion, qui s’est engagée surce point peu important, a démontré que c’était Philippe-le-Bel .
Les façades latérales de Notre-Dame , moins imposantes que la principale,sont hérissées d’une infinité d’obélisques fleuronnés et d’autres ornements quiappartiennent au style ogival des treizième et quatorzième siècles.
La charpente du comble appelée la forêt , à cause du grand nombre de pou-tres et de solives dont elle est composée, a trois cent cinquante-six piedsde long, trente-sept de large, et trente de hauteur; elle est recouverte de milledeux cent trente-six tables de plomb, chacune longue de dix pieds, large detrois, épaisse de deux lignes, et dont l’ensemble pèse quatre cent vingt milledeux cent quarante livres.
dépendances de l’église notre-dame. Devant la principale façade est uneplace nommée le Parvis Notre-Dame. Elle fut très-agrandie en 1748, lorsqu’onabattit les églises Saint-Christophe et Sainte-Geneviève-des-Ardents pour con-struire l’hôpital des Enfants-trouvés, dont le bâtiment fait face à l’église cathé-drale. La rue où se trouve la grande entrée de cet hôpital, et qu’on nommerve Neuve-Notre-Dame , fut ouverte, en-1148, par l’évêque Maurice de Sully ,Sur celte place et près de l’Hôtel-Dieu s’élevait autrefois une grande statue depierre, portée sur un piédestal, représentant, selon Dubreuil, le dieu Esculape,et, selon Sauvai, Mercure; suivant d’autres, Erchinoalde, comte de Paris.Enfin,
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