122
on a cru qu’elle représentait Jésus-Christ. Je n’admettrai aucune de ces opi-nions : il faudrait avoir vu la statue pour la juger. Piganiol nous apprend quele peuple la nommait Maître Pierre le Jeûneur, et M. Legris. Elle a été détruiteen 1748, lorsqu’on a agrandi le parvis Notre-Dame. Le sol de cette place a étéfort exhaussé. Sous le règne de Louis XII , on montait treize marches pourarriver dans l’église cathédrale. Aujourd’hui on n’en monte pas une.
A droite en entrant dans la place du Parvis, on voit l’Hôpital de l’Hôtel-Dieu et sa façade moderne. Il se trouvait anciennement autour de l’édifice Notre- Dame plusieurs petites églises qui en dépendaient : telles étaient celle Saint-Jean-le-Rond, ou baptistère de la cathédrale, dont j’ai parlé, la chapelle del’IIûtel-Dieu, l’église Saint-Denis-du-Pas et celle Sainte-Geneviève-des-Ardents ,dont je traiterai ailleurs.il faut y joindre la chapelle du palais archiépiscopal.Tout était sacré dans cette partie de l’île de la Cité, excepté le Val-d’Amour oula rue de Glatigny, peuplée, depuis un temps immémorial, de femmes livréesà la prostitution.
Le palais archiépiscopal était situé au midi de l’église cathédrale. Maurice de Sully le fit bâtir vers la fin du douzième siècle; il a été reconstruit depuis, etbeaucoup agrandi dans les années 1772, 1812 et suivantes, et enfin démoli en1831. Sur son emplacement on a planté de fort jolies promenades.
Au nord de l’église cathédrale était le cloître du chapitre. La clôture fut dé-molie, mais les maisons des chanoines restèrent; elles laissaient entre elles etl’église une rue étroite, qui, en 1812, a été fort élargie : elle a conservé son nomde rue du Cloître Notre-Dame, et sa continuation, qui aboutit au pont de laCité, porte celui de rue de Bossuet. Au bout de cette dernière rue sont deuxnouveaux quais : l’un, dit le quai de la Cité, est à gauche ; l’autre, nommé lequai de Câlinât, est à droite. Ces quais ont été terminés en 1813. L’élargisse-ment de ces rues, la construction de ces quais ont donné à l’île plus d’étendue,par l’adjonction d’un emplacement situé à son extrémité orientale; emplace-ment qu’on appelait le Terrain ou la Motte-aux-Papelards.
fou-l’évêque. L’évêque de Paris tenait sa cour de justice dans un bâtimentsitué sur le territoire et dans la rue Saint-Germain-l’Auxerrois. Ce bâtiment,nommé Forum Episcopi, For-l’Évêque, fut en grande partie reconstruit en 1652.Alors on le destina aux personnes détenues pour dettes, aux comédiens réfrac-taires ou incivils. En 1780, devenu inutile, on le démolit. Le prévôt ou juge del’évêque y faisait autrefois sa demeure. Les diverses peines qu’il infligeait parses jugements étaient, suivant la gravité du délit, subies dans des lieux diffé-rents. S’agissait-il de faire pendre ou brûler vifs les condamnés, l’exécutionavait lieu hors de la banlieue de Paris . S’agissait-il de la bagatelle de leur fairecouper les oreilles, le prévôt de l’évêque avait alors le droit incontestable defaire exécuter ce jugement sur la place du Trahoir{\). C’est ce que nous ap-prend l’abbé Lebeuf, qui produit le texte manuscrit d’un acte authentique oùce droit du pi évôt de l’évêque est reconnu.
nitoiTs et usages DE l’église NOTRE-DAME . Dans cette église étaient reli-
(I) A l’endroit où la rue de 1’Arl>i'e-Sec débouche dans la rue Saint-Honoré.