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gieusement conservés un grand nombre de reliques et de corps saints, laplupart illégitimement acquis, comme je l’ai déjà dit ailleurs. Je ne citerai qu’undoigt de saint Jean-Baptiste et une grande partie de la tôle de saint Denis, reli-ques dont l’authenticité a été vivement contestée par les moines de l’abbayede ce nom. Dans le trésor des châsses se trouvait aussi un couteau pointu, dontle manche d’ivoire portait une inscription contenant l’acte par lequel un nom-mé Guy investit le chapitre de Notre-Dame de plusieurs portions de terre situéesdevant l’église cathédrale. Ce couteau avait appartenu à Foucher-Dubreuil :il fut remis, sous le règne de Louis-le-Gros , comme signe d’investiture, à Dro-gon, archidiacre de Notre-Dame . Cette manière de constater les transactionsétait fréquente alors. Il a été déposé à la Bibliothèque Royale. — Dans lesarmoires de l’argenterie de cette église, on conservait un morceau de bois longd'un demi-pied, épais d’un pouce, et taillé à quatre faces; sur ces faces, on lisaitune inscription portant que deux serfs du chapitre, Ébrard et Hubert, demeu-rant à Épone, au diocèse de Chartres, s’étant permis, sans l’autorisation des cha-noines, de jouir d’une propriété que leur père avait acquise, font au chapitrecession de cet héritage paternel. Ce morceau de bois inscrit constate l’état mi-sérable des serfs et la rigueur tyrannique des seigneurs ecclésiastiques. Un mo-nument pareil, mais plus riche, et conservé dans les armoires de cette église,consistait en une baguette d’argent doré, longue d’environ deux pieds, que lesenfants de chœur portaient, dans certaines solennités, en guise de sceptre. Cettebaguette était certainement le signe d’un hommage forcé rendu aux droits duchapitre, comme le fut une semblable baguette que le roi Louis VII déposa surl’autel de cette église,
Le chapitre de Notre-Dame avait une prison située dans le voisinage, ou peut-être dans son cloître : elle fut le théâtre d’un événement dont je parlerai dansla suite.
On observait dans cette église des coutumes qui méritent d’être signalées.«On pratiquait à Notre-Dame , comme ailleurs, dit l’abbé Lebeuf, l’usage de«jeter par les voûtes, des pigeons, oiseaux, fleurs, étoupes enflammées et» oublies, le jour de la Pentecôte, pendant l’olfice divin. « On faisait croire aupeuple que ces différents objets partaient de la voûte céleste, que leur diversenature annonçait la satisfaction ou la colère de Dieu , et que l’étoupe enflamméereprésentait le feu du Ciel. C’est ainsi qu’on abusa d’une pratique qui, dans sonorigine, offrait l’image de ce qui se passa lorsque Dieu envoya son Saint-Esprit à ses Apôtres.
M. l’abbé Lebeuf, infatigable investigateur des antiquités ecclésiastiques, adécouvert qu’il existait dans les temps barbares, à l’entrée de l’église de Saint-Jean-le-Rond, dépendante de celle Notre-Dame , de grandes cuves, destinées,dit-il, à contenir l’eau bénite. Il cite un acte juridique qui se termine par cesmots : « Fait dans l’église de Paris , auprès des cuves, » et une autre pièce quiprouve que les médecins s’assemblaient près de la cuve de Notre-Dame . Cescuves, près desquelles on passait des actes juridiques et où s’assemblaient desmédecins, n’auraient-elles pas servi plutôt aux épreuves appelées ordalies oujugements de Dieu ? N’était-ce pas dans ces cuves, remplies d’eau froide ou