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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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SOUS PHILIPPE-AUGUSTE .

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gieusement conservés un grand nombre de reliques et de corps saints, laplupart illégitimement acquis, comme je lai déjà dit ailleurs. Je ne citerai quundoigt de saint Jean-Baptiste et une grande partie de la tôle de saint Denis, reli-ques dont lauthenticité a été vivement contestée par les moines de labbayede ce nom. Dans le trésor des châsses se trouvait aussi un couteau pointu, dontle manche divoire portait une inscription contenant lacte par lequel un nom- Guy investit le chapitre de Notre-Dame de plusieurs portions de terre situéesdevant léglise cathédrale. Ce couteau avait appartenu à Foucher-Dubreuil :il fut remis, sous le règne de Louis-le-Gros , comme signe dinvestiture, à Dro-gon, archidiacre de Notre-Dame . Cette manière de constater les transactionsétait fréquente alors. Il a été déposé à la Bibliothèque Royale. Dans lesarmoires de largenterie de cette église, on conservait un morceau de bois longd'un demi-pied, épais dun pouce, et taillé à quatre faces; sur ces faces, on lisaitune inscription portant que deux serfs du chapitre, Ébrard et Hubert, demeu-rant à Épone, au diocèse de Chartres, sétant permis, sans lautorisation des cha-noines, de jouir dune propriété que leur père avait acquise, font au chapitrecession de cet héritage paternel. Ce morceau de bois inscrit constate létat mi-sérable des serfs et la rigueur tyrannique des seigneurs ecclésiastiques. Un mo-nument pareil, mais plus riche, et conservé dans les armoires de cette église,consistait en une baguette dargent doré, longue denviron deux pieds, que lesenfants de chœur portaient, dans certaines solennités, en guise de sceptre. Cettebaguette était certainement le signe dun hommage forcé rendu aux droits duchapitre, comme le fut une semblable baguette que le roi Louis VII déposa surlautel de cette église,

Le chapitre de Notre-Dame avait une prison située dans le voisinage, ou peut-être dans son cloître : elle fut le théâtre dun événement dont je parlerai dansla suite.

On observait dans cette église des coutumes qui méritent dêtre signalées.«On pratiquait à Notre-Dame , comme ailleurs, dit labbé Lebeuf, lusage de«jeter par les voûtes, des pigeons, oiseaux, fleurs, étoupes enflammées et» oublies, le jour de la Pentecôte, pendant lolfice divin. « On faisait croire aupeuple que ces différents objets partaient de la voûte céleste, que leur diversenature annonçait la satisfaction ou la colère de Dieu , et que létoupe enflamméereprésentait le feu du Ciel. Cest ainsi quon abusa dune pratique qui, dans sonorigine, offrait limage de ce qui se passa lorsque Dieu envoya son Saint-Esprit à ses Apôtres.

M. labbé Lebeuf, infatigable investigateur des antiquités ecclésiastiques, adécouvert quil existait dans les temps barbares, à lentrée de léglise de Saint-Jean-le-Rond, dépendante de celle Notre-Dame , de grandes cuves, destinées,dit-il, à contenir leau bénite. Il cite un acte juridique qui se termine par cesmots : « Fait dans léglise de Paris , auprès des cuves, » et une autre pièce quiprouve que les médecins sassemblaient près de la cuve de Notre-Dame . Cescuves, près desquelles on passait des actes juridiques et sassemblaient desmédecins, nauraient-elles pas servi plutôt aux épreuves appelées ordalies oujugements de Dieu ? Nétait-ce pas dans ces cuves, remplies deau froide ou