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sous, y compris les tourelles, dont l’épaisseur devait être pareille à celle duvieux mur bâti dans la partie du Grand-Pont, c’est-à-dire dans la partie sep-tentrionale.
Ainsi, dans l’enceinte entière, on comptait treize portes ou poternes; lamuraille, couronnée de créneaux, fortifiée, à peu près de vingt en vingt toi-ses, de tours rondes engagées dans le mur, n’était, dans son origine, défen-due par aucun fossé. Plus de trente années furent employées à sa construc-tion : la partie septentrionale, commencée en 1190, ne fut achevée, à ce qu’ilparaît, qu’après dix-huit ans; la partie méridionale, commencée en l’an 1208,dut coûter au moins quinze années de travaux. Quoique ce roi n’eût point faitconstruire à ses frais l’enceinte de Paris , en vertu de sa royauté, il s’en ap-propria les murs et leurs dépendances, qui, dans divers titres, sont qualifiésde murs du roi : ainsi il accrut les revenus de son fisc en soumettant aux per-ceptions des entrées un plus grand nombre d’habitants. 11 ne borna pas làses envahissements : il se prétendit seigneur de tous les terrains contenusentre les murs d’enceinte. Cette prétention fut une source d’altercations entrece roi et les seigneurs de Paris , tous seigneurs ecclésiastiques, et par consé-quent peu disposés à céder la moindre partie de leurs droits, de leurs re-venus sacrés : les débats qui s’élevèrent à ce sujet durèrent au delà du règnede Philippe-Auguste .
L’espace compris entre les murs d’enceinte se composait en grande partiede champs en culture, de vignes, de prés et d’enclos.
Sous le règne de Louis VIII, Paris et ses environs éprouvèrent une extrêmefamine et d’affreuses tempêtes. En décembre 1206, la Seine déborda extraor-dinairement et causa de grands ravages dans cette ville. Henri, abbé de Saint-Denis , accompagné d’une procession composée de prêtres et de laïques quimarchaient les pieds nus, vint au secours de la ville : il portait le saint clou,la sainte couronne et le Irès-saint bois , dit Rigord : il donna sa bénédiction àla Seine , qui depuis diminua sensiblement.
ÉTAT CIVIL ET COMMERCE DE PARIS .
Philippe-Auguste , en 1198, avant de partir pour la croisade, fit son tes-tament. 11 ordonna que tous ses revenus, services, obventions, seraient ap-portés à Paris, à trois époques de l’année, reçus par six bourgeois de Paris et par son vice-maréclial, et déposés au Temple. — Les marchands, qui, pareau, conduisaient du vin à Paris , n’avaient pas le droit de le faire déposerà terre : ils ne pouvaient le vendre que sur leurs bateaux. Philippe-Auguste accorda, en 1192, aux seuls habitants de Paris , la faveur de pouvoir dépo-ser leurs vins sur les bords de la Seine . Il existait à cette époque, et mêmeavant, une compagnie de marchands par eau, qu’on nommait la Hanse pari-sienne. Celte corporation jouissait de quelques privilèges dont les avantagesétaient partagés par des marchands d’un autre pays qui s’y faisaient asso-cier, ou qui, comme on s'exprimait alors, étaient hanses, mais ces privilègesn’exclcaient pas absolument du commerce sur la Seine les marchands par eau