Buch 
Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
Entstehung
Seite
152
JPEG-Download
 

152

HISTOIRE DE PARIS

» dans la voirie située entre la terre de lévêque et la maison que Henri, autre-» fois archevêque de Reims , fit bâtir près du Louvre jusquau pont de Charelle,

» et depuis la voie publique, à partir de léglise de Saint-Honoré, tant que sé-» tend la terre de lévêque, jusquau pont du Roule, et dans toutes les autres> parties de la terre de lévêque en deçà du Marais, et dans ces limites : pour» ce qui est des autres parties de cette terre, lévêque a la voirie et toute justice,

>- excepté le rapt et le meurtre. Si lévêque lait construire un village ou un» bourg nouveau dans sa terre et dans ses limites, il y aura toute justice, ex-« cepté le rapt et le meurtre que nous nous réservons, comme dans le bourg» de Saint-Germain; en outre, nous y jouirons de toutes les coutumes dont» nous jouissons dans la Culture de lévêque. Fait à Melun en 1222, Tannée 44 e» de notre règne. »

Quelle complication dintérêts, de juridictions! que de sources de divisions etdinjustices dans ce misérable régime de la féodalité!

TABLEAU MORAL DE PARIS .

Les vices, les erreurs, les calamités des périodes précédentes se maintien-nent encore pendant celle-ci; mais le régime féodal et la barbarie, sources deces maux, commencent à saffaiblir. La royauté devient plus puissante; plu-sieurs villes, jouissant du droit de commune, peuvent se défendre elles-mêmescontre les brigandages de la noblesse. Le champ cette dernière exerçait sesravages, commettait ses crimes, devient plus circonscrit; mais la plupart deshabitants des bourgs, et tous ceux des campagnes, restent toujours en proie àses exactions et à ses cruautés.

Létude, plus protégée et plus active, introduit des lumières vraies ou faussesdans des parties du corps social, depuis plusieurs siècles, il nen pénétraitpoint; mais la corruption est trop générale pour que de si faibles innovationspuissent corriger lun et purilier lautre.

Sous ces deux règnes, le clergé nétait pas plus quauparavant réglé dans sesmœurs; sa cupidité, bien plus que de saines doctrines, dirigeait sa conduite. 11faisait considérer ses personnes, ses propriétés, ses reliques, ses pratiques etcérémonies, les offrandes faites à léglise, comme les bases de la religion. Lesprêtres, les évêques, ainsi quils avaient fait dans les siècles passés, allaient àla guerre ; mais les plus timorés dentre eux, interprétant stupidement les ca-nons de lÉglise qui défendent aux ecclésiastiques de verser le sang humain,se croyaient à labri de la censure en se servant de massue au lieu dépée, enassommant les hommes au lieu de les percer. Tel fut Philippe de Dreux , évêquede Beauvais , issu du sang royal, guerrier redouté, fameux par ses brigandageset ses cruautés, qui voulut, à la bataille de Bouvines , donner une preuve de samodération en ne tuant les hommes quà coup de massue.

Les mœurs de la noblesse nétaient pas plus édifiantes que celles du clergé.Une foule de témoignages prouvent que les princes et les seigneurs considé-raient encore les habitants de la France comme une propriété exploitable,