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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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SOUS LOUIS VIII DIT LE LION. 153

comme des ennemis récemment vaincus, quils pouvaient dépouiller et torture?à leur volonté.

Tandis quau dehors de Paris le régime féodal faisait sentir son pouvoir des-tructeur, cette ville était troublée par des désordres dune autre espèce. En1200, un gentilhomme allemand , étudiant à Paris , envoya son domestique dansun cabaret pour y acheter du vin. Ce domestique y fut maltraité; les écoliersallemands vinrent au secours de leur compatriote, et frappèrent si rudement,le marchand de vin, quils le laissèrent à demi mort. Les bourgeois accouru-rent en armes à leur tour pour venger ce marchand. Le gentilhomme allemand et cinq écoliers de cette nation furent tués. Le prévôt de Paris , nommé Thomas,était à la tête des Parisiens dans cette expédition. Les maîtres des écoles seriplaignirent au roi Philippe, qui fit arrêter ce prévôt et plusieurs de ses adhé-rents, fit abattre leurs maisons, arracher leurs vignes, leurs arbres fruitiers.En même temps, il condamna le prévôt de Paris , Thomas, pour avoir autoriséou navoir pas empêché le désordre, à une prison perpétuelle. Cependant illui laissa la faculté de prouver publiquement son innocence par lépreuve deteau, avec cette étrange condition que si la culpabilité résultait de cette épreu-ve, il serait puni ; et que sil arrivait, au contraire, quil fût trouvé innocent, ilserait déclaré incapable de remplir les fonctions de prévôt à Paris et de baillidans tout autre lieu de son royaume. Cette ordonnance est de lan 1200; ellecontient, en faveur des étudiants, dautres dispositions qui sont rapportées ci-dessus, à larticle des Ecoles de Paris .

En 1221, les écoliers de lUniversité, forts de ces dispositions, se livraient àtous les excès ; ils enlevaient les femmes, commettaient des adultères, des vols,des meurtres. Lévêque Guillaume de Seignelay déclara excommuniés ceux quimarcheraient de nuit ou de jour avec des armes. Cette excommunication pro-duisit peu deffet : lévêque alors fit emprisonner les plus séditieux, et chassales autres de la ville ; la tranquillité se rétablit.

Cest ainsi que lhistorien des évêques dAuxerre nous raconte cet événe-ment; mais un autre écrivain nous le représente sous une face différente. « En» 1223, dit-il, il séleva entre les écoliers et les habitants une querelle violente.» Trois cent vingt clercs (ou étudiants) furent tués et jetés dans la Seine . Des» professeurs se rendirent auprès du pape pour se plaindre dune persécution si» cruelle; quelques-uns se retirèrent avec leurs écoliers hors de la capitale. On" interdit Paris ; et ses écoles, si supérieures à celles des autres villes de France ,» restèrent vides décoliers et de professeurs, et furent fermées. » En 1225,les écoliers signalèrent encore leur inclination à la révolte; voici en quelle oc-casion. Le légat du pape ayant brisé un sceau que lUniversité s'était fait faireau détriment du chapitre de Notre-Dame , les écoliers, irrités par cet acte, armésdépées, de bâtons, sattroupent et assiègent la maison du légat. Les domesti-ques de celui-ci sapprêtent à la défense; les écoliers donnent plusieurs assauts ;les portes sont enfoncées; plusieurs individus, départ et dautre, sont blessés,sont tués. La personne du légat était fort exposée, et son titre ne laurait paspréservé de la fureur des assaillants, si le roi, qui vint fort à propos, ne leût

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