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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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SOUS LOUIS VIII DIT LE LION. 155

quà leurs chapelains, craignant que leurs péchés ne vinssent à la connaissancedes prêtres vertueux; cest pourquoi on enjoint aux évêques de leur choisir desconfesseurs. Ce concile recommande aux prélats dêtre modestes dans leurshabits, de ne point proférer de jurements terribles et honteux ; il leur reprochedentendre matines dans leur lit, de se livrer au jeu et à la chasse. On y voitque parmi les personnes attachées au service des évêques et des abbés, étaientun chambellan, un bouteiller, un panetier, un sénéchal ou maître d'hôtel. Ondéfend à ces officiers dabuser de la coutume en se permettant des exactionstyranniques, et aux prélats davoir à leur suite des fous pour les faire rire. Lesévêques étaient tenus de faire, de temps en temps, des visites dans les églisesde leur diocèse ; ils ne les faisaient point, et en exemptaient les prieurs et curés,moyennant une rétribution quils exigeaient deux. Le concile leur défend derecevoir de largent pour cet objet, et de se faire payer leur négligence à remplirleur devoir, ou leur tolérance pour les abus. Les canons de l'Église ne permet-taient pas quon enterrât les excommuniés dans les cimetières; mais les évêquestransgressaient cette loi pour de largent; cest ce que le concile leur défend.Le mariage était interdit aux prêtres; mais les évêques leur permettaient, enpayant, davoir des concubines: cest encore ce qui leur est défendu par ceconcile. On y prohibe la fête des Fous ; prohibition qui prouve que, quoique dé-fendue, cette fête était encore en vigueur. Ces articles, et plusieurs autres quejomets, attestent lexistence des nombreux et graves abus qui avilissaient leclergé, abus que ce concile ne parvint point à détruire ; car, à cette époque,les décrets des conciles restaient sans exécution.

Philippe-Auguste , pour la sûreté de sa vie, menacée, dit-on, par les assassinsdu Vieux de la Montagne, ou plutôt menacée par une troupe de jeunes gens queRichard , roi dAngleterre, faisait élever dans lart de braver la mort en assas-sinant tous ceux que ce roi leur désignait, sentoura dhommes courageux pro-pres à défendre sa personne : ces hommes furent nommés les ribauds. Ils étaientarmés de massues: ils veillaient jour et nuit auprès de la personne du roi ; et,au premier signal, ils assommaient les gens. Leur chef, qui portait le titre deroi des ribauds , avait divers emplois et prérogatives ; il conduisait ses ribaudsà la guerre lorsque le roi sy trouvait. A Paris , il se tenait à la porte du pa-lais, et ny laissait entrer que ceux qui en avaient le droit : il jugeait des crimescommis dans lenceinte du séjour du roi, et, pour lordinaire, il mettait ses pro-pres jugements à exécution. Dans la suite son emploi se borna à celui de bour-reau: il exécutait les sentences du prévôt du palais. Philippe III , dit le Hardi,dans une ordonnance donnée à Vincennes le 23 février 1280, fixe le traitement duroi des ribauds à six deniers pour gages et une provende, et quarante sous pourrobe et un valet à gages. Une autre ordonnance du même roi porte « que le

* roy des ribauds aura sa livraison et treize deniers de gages, et ne mangera» point à court et ne vendra (viendra) en salle sil nest mandé. » Voici ce quontrouve dans la Somme rurale sur les attributions de ce roi. Lauteur, aprèsavoir dit que le prévôt doit juger de tous les délits qui se commettent dans lecamp du roi, ajoute : « Et le roi des ribauds en a lexécution, et sil advenoit

* fine aucun forface, qui soit, mis à exécution criminelle; le prévôt, de son.