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» droit, a l’or et l’argent de la ceinture du malfaiteur, et les maréchaux ont le» cheval et les harnois et tous autres hostils, se il y sont : réservé les draps et» les habits quels qu’ils soient dont ils soient vêtus, qui sont au roi des ribauds» qui en fait l’exécution. Le roi des ribauds, si se fait, toutes fois que le roi va» en ost ou en chevauchée, appeler Vexécuteur des sentences et commandements» des maréchaux et de leurs prévôts. Le roi des ribauds a, de son droit, à cause de» son olïice, connaissance sur tous jeux de dez, berlens et d’autres qu’ils se» font en ost et chevauchée du roi ; item sur tous les logis desbourdeaux et des» femmes bourdelières, doit avoir deux sols la semaine; item à l’exécution des» crimes, de son droit, les vestements des exécutés par justice criminelle. »Du Tillet ajoute aux prérogatives de ce roi celle-ci : Les filles publiques qui sui-vaient la cour étaient tenues de faire, pendant tout le mois de mai, le lit du roides ribauds. Enfin il percevait, suivant Ducange , une contribution de cinq soussur toutes les femmes adultères. On voit comment alors était composée unepartie de la cour des rois de France . On trouve, dans les comptes publiés parSauvai, qu’il existait encore un roi des ribauds au milieu du quinzième siècle.Ainsi cette royauté, avec son ignominie, s’est maintenue longtemps.
La prostitution n’emportait point note d’infamie. Qn voit qu’elle était uneprofession reconnue, autorisée, et soumise à des règles. Les filles publiquesqui suivaient la cour, comme on vient de le voir, sous la dépendance du roi desribauds, étaient qualifiées de prostituées royales. Sauvai dit que les filles publi-ques formaient une corporation qui avait ses réglements; qu’elles célébraientla fête de sainte Madeleine, leur patronne; qu’elles avaient leurs coutumesou privilèges, même avant que saint Louis les eût obligées à porter certainshabits qui devaient les distinguer des honnêtes femmes. Elles avaient deslieux destinés à l’ex,ercice de leur métier : la rue de Glatigni dans la Cité,appelée le Val d'Amour, à cause des femmes débauchées qui l’habitaient ; la rued’Arras, autrefois nommée rue des Murs, parce qu’elle avoisinait le mur d’en-ceinte de Philippe-Auguste ; le Champ-Gallard, les rues Brise-Miche, du Champ-Fleuri , du Grand-Huleu du Petil-Huleu, étaient, pendant cette période, affec-tées à la débauche publique. Dans la suite, les prostituées occupèrent un plusgrand nombre de rues, et furent dispersées dans tous les quartiers.
Pour la première fois, en 1187, l’histoire fait mention d’une fête ou réjouis-sance publique, célébrée à l’occasion de la naissance d’un fils de Philippe-Au guste ; ces réjouissances durèrent pendant sept jours; des flambeaux de cire il-luminaient les rues de Paris et répandaient une clarté qui, suivant le louangeurRigord , surpassait celle du jour. Ce jeune prince, objet d’une fête aussi rarefut, en 1191 , attaqué d’une dyssenterie violente qui fit désespérer de sa vie. Lascience des médecins était impuissante; on eut recours àdes processions que lespaïens nommaient nudipedalia. Les moines de Saint-Denis partirent de leur ab-baye, munis de leurs précieuses reliques, du bras de saint Siméon , du saint cloude notre Seigneur, et de la sainte couronne d’épines. Les moines, arrivés à l’égliseSaint-Lazare, y trouvèrent l’évêque de Paris avec son clergé et celui de tou-tes les églises paroissiales de cette ville. De là, tous fies pieds nus, suivis d’un im"mense cortège de Parisiens et d’écoliers, ils partirent et cheminèrent vers l’ile