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il fit des hypocrites. Ses deux expéditions de croisades, toutes deux malheu-reuses, toutes deux funestes à son pays et à lui-même, si elles offrent des témoi-gnages éclatants de sa persévérance et de son courage, donnent aussi le droitde lui reprocher d’être venu, deux fois de suite, échouer sur le même écueil.Ses ordonnances contre les Juifs, contre les blasphémateurs, sont celles d’un ty-ran, d’un fanatique. — Il fonda un très-grand nombre de monastères; son règnefut l’âge d’or des communautés religieuses; mais la plupart de ces pieusesfondations contribuèrent plus au scandale qu’à l’édification publique. Paris eutune bonne part à ce genre de libéralité. On doit aussi à ce roi quelques institu-tions utiles. Aucun de ses prédécesseurs n’avait donné autant d’exemples de sol-licitude pour les pauvres. Il erigea divers hôpitaux, et augmenta les biens deplusieurs autres. Voici la notice des établissements faits dans Paris pendant lecours de son règne.
saintk-catheuine-du-val-des-écoliers, maison religieuse située rue Saint-Antoine, sur l’emplacement du marché actuel de Sainte-Catherine. Cette institu-tion a deux causes coïncidentes. La première se trouve exposée dans les in-scriptions suivantes, qui se lisaient sur l’ancien portail de l’église de cettemaison : A la prière des sergents d'armes, monsieur saint Lotjs fonda ceste église,et y mist la première pierre. Ce fusl pour la joie de la vittoire qui fusl au pont deBovines, l’an 1214. — Les sergents d'armes pour le temps gardoient ledit pont, etvouèrent que, si Dieu leur donnait vittoire , ils fonderaient une église en l'honneurde madame sainte Kathenrie; ainsi fust-il.
La seconde cause résulte de la résolution formée, dans le même temps, parles chanoines du Val-des-Écoliers, au diocèse de Langres, d’établir une maisonà Paris , pour que les jeunes gens de leur ordre pussent suivre les leçons de l’U-niversité. Alors les sergents d’armes, pensant à accomplir leur vœu, s’accordè-rent avec les chanoines du Val-des-Écoliers, et ils bâtirent l’église de Sainte-Catherine sur le terrain que ces chanoines possédaient, près de la place Baudet.Elle servit aux sergents d’armes et aux chanoines réguliers. Quoique la maisonde la Culture-Sainte-Catherine, comme on la nommait, fût riche par elle-mêmeet par les bienfaits de saint Louis, ceux qui l’habitaient n’étaient pas fiers, etne craignaient pas d’aller chaque jour demander l’aumône dans les rues deParis. —Cette maison, ayant cessé d’être collège, fut habitée par des prêtresdont le déréglement était extrême. En 1636, elle fut réunie à la congrégationde Sainte-Geneviève. — Son portail fut élevé sur les dessins du célèbre François Mansard . En 1767, on transféra les chanoines réguliers de cette maison danscelle des Jésuites , rue Saint-Antoine, et en 1782 les bâtiments de Sainte-Cathe-rine furent démolis. Sur l’emplacement on a établi un marché, appelé MarchéSainte-Catherine, dont M. d’Ormesson, contrôleur-général des finances, posa lapremière pierre le 20 août 1783.
saint-nicolas-mj-ciiardonnet, église paroissiale, située rue Saint-Victor,au coin de celle des Bernardins. Une chapelle fondée en 1230, dans le clos duChardonnet, donna naissance à cette église qui, quinze ans après, fut érigée enparoisse.
En 1656, on entreprit la reconstruction de l’église; les travaux, bientôl sus-