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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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SOUS LOUIS IX DIT SAINT LOUIS.

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pendus, furent repris en 1705, et achevés en 1709, à lexception du portail, quiest resté sans être terminé. Lintérieur est orné de pilastres composites dontles chapiteaux nont quun rang de feuilles dacanthe, et dont les socles sontrevêtus en marbre. Le chœur est pavé de marbre, et le maître-autel est sur-monté dune gloire dun bon effet. En 1820, on replaça dans celte église lestombeaux du peintre Lebrun et de sa mère. Au mois de février 1818, on yavait transporté le corps du poète Santeuil, mort à Dijon en 1697.

Léglise de Saint-Nicolas-du-Chardonnet est la première succursale de Saint-Étienne-du-Mont, douzième arrondissement.

jacobins de la HUE saint-jacques. Jai parlé, dans la période précédente,de lorigine de ce couvent de dominicains ou frères prêcheurs. Saint Louis vitavec satisfaction prospérer celte nouvelle colonie de religieux mendiants; illeur donna une partie de lamende à laquelle il avait condamné Enguerrand,seigneur de Coucy, coupable davoir fait pendre trois jeunes écoliers qui sa-musaient à chasser dans ses bois : avec cette partie damende, il fit bâtir lesécoles et le dortoir de ces religieux. Il leur concéda de plus lemplacement dunhôpital voisin et choisit pour son confesseur un des religieux de cette maison,Geoffroi de Beaulieu, qui, suivant lusage du temps, le fustigeait avant de lab-soudre. Ces moines, fiers de la prérogative de prêcher, de confesser et de fusti-ger le roi, repoussèrent avec indignation les injonctions quen 1253 leur fitlUniversité, frappèrent les bedeaux qui venaient leur signifier un décret de lapart de celte corporation. Le recteur et trois maîtres ès arts se présentèrentensuite dans le monastère des Jacobins, ils furent battus et chassés commeleurs bedeaux : de naquit entre les jacobins et lUniversité une inimitié con-stante, qui, à chaque occasion, éclatait par des explosions terribles et tou-jours scandaleuses. Nous en parlerons à larticle Université . La fierté de cesmoines ne les empêchait pas daller, tous les matins, solliciter à grands crisla charité des Parisiens , et demander laumône dans les rues.

Le poète Rutebœuf, qui écrivait au treizième siècle, dans sa pièce intitulée lesOrdres de Paris , nous représente pourtant les jacobins comme une communautépuissante et riche. « Ils disposent à la fois, dit-il, de Paris et de Rome , et sont» rois et pape; ils ont acquis beaucoup de bien, car ils damnent les âmes de» ceux qui meurent sans les faire leurs exécuteurs testamentaires : ils veulent» quon les croie des apôtres, et ils auraient besoin daller à lécole... Personne» nose dire la vérité sur leur compte, dans la crainte dêtre assommé,» tant ils se montrent haineux et vindicatifs. Il serait dangereux den parler» avec ma liberté ordinaire; je me borne donc à dire quils sont des hommes.»

En 1501, on tenta dintroduire la réforme chez les jacobins; ils refusèrent desv soumettre. On les chassa de leur couvent; ils y revinrent bientôt arméset accompagnés de douze cents écoliers quils avaient recrutés : ils firent lesiège de leur propre maison, « y entrèrent et y commirent de grands excès, dit» JeanDauton; ils battirent leur gardien, qui se trouva. Grands murmures

» et scandales furent pour cette affaire, lors à Paris . Mais ils vidèrent la

» ville, et ainsi sen allèrent les pauvres jacobins vagabonds et dispers. »

Léglise de ce couvent était ornée dun très-grand nombre de tombeaux en