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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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SOUS LOUIS IX DIT SAINT LOUIS,le terme moyen : de dire ce qui suffît pour faire connaître leurs mœurs. A peinefurent-ils tranquilles possesseurs de leur établissement, que, de concert avecles jacobins, ils cherchèrent à empiéter sur les droits de lUniversité. 11 sélevaentre ces moines et ce corps enseignant des querelles très-vives et toujoursalors accompagnées de violences et de coups, querelles que lentremise du roisaint Louis et celle de plusieurs papes ne purent jamais entièrement assoupir.Les cordeliers furent bientôt en guerre entre eux. Au commencement du qua-torzième siècle, il séleva dans ce couvent, ainsi que dans plusieurs autresdu même ordre, deux partis acharnés lun contre lautre : les spirituels et lesconventuels. Lobjet de cette grave querelle consistait dans la distinction desmots propriété et jouissance appliqués aux aumônes quils recevaient. Lesspirituels soutenaient quils nétaient pas propriétaires du pain et autres cho-ses quon leur donnait, parce que la règle leur défendait de posséder; et lesconventuels, au contraire, prétendaient que ce pain était leur propriété. Onétendit lobjet de la question jusque sur les biens meubles légués à ces moines.Les papes Nicolas III et Jean XXII la décidèrent tour à tour dans un sens op-posé, et prouvèrent par leurs décisions contraires quils nétaient point infailli-bles.En 1401, le provincial des cordeliers savisa de faire bâtir une écuriedans le couvent de Paris . Cette construction fut un signal de guerre. Les reli-gieux étrangers, qui étudiaient dans ce couvent, voyaient dans la constructionde cette écurie une infraction manifeste aux statuts de lordre ; les religieux fran­ çais alléguaient plusieurs raisons pour prouver que le provincial ne pouvait sepasser décurie. Les têtes séchauffèrent; au lieu de sentendre et de raisonneron se battit. A mort tous les Français ! crièrent les étrangers partisans de larègle. A ces mots, le combat commence : les moines, armés de pierres, debâtons, sassomment, sestropient, se tuent. Les cris des combattants, des bles-sés et des mourants jettent lalarme dans le voisinage. Le roi en est averti;il envoie des troupes pour rétablir la paix; les portes leur sont fermées; lessoldats les enfoncent, entrent. Alors les deux partis ennemis se réunissent pourrésister aux troupes du roi; ils le font avec courage, blessent et sont blessés;mais ils ne peuvent tenir longtemps, ils se rendent.En 1501, le légat duSaint-Siége entreprit de réformer tous les couvents de Paris . Pour opérer la réformede celui des Cordeliers, il commit le prédicateur Olivier Maillard : léloquencedu sermonneur échoua devant lobstination des cordeliers. Alors les évêquesdAutun et de Castelmare, commissaires du légat, se présentèrent dans le cou-vent, et y furent reçus de la manière suivante. A lapproche de ces deux évê-ques, les cordeliers se retirèrent dans leur église, exposèrent le Saint-Sacre-ment sur lautel, sagenouillèrent tout autour, et, dès que les évêques parurentdans léglise, ils se mirent à chanter des hymnes : lorsque lune était achevée,ils en recommençaient aussitôt une ;yrtrc. Les prélats attendaient toujours lafin de ces chants pour remplir leur mission : mais, voyant quils ne finissaientplus, impatientés dattendre, ils ordonnèrent à haute voix aux chanteurs decesser et découter les ordres quils avaient à leur transmettre de la part du lé-gat. Les cordeliers, sans sétonner, chantèrent toujours, et chantèrent pendantquatre heures, jusquà ce que les évêques, perdant lespoir de se faire obéir,

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