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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DE PARIS

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seyaient alors les personnages à tète couronnée; les princes et seigneurs man-geaient sur des tables particulières. A diverses époques de l’année, cette tableservait de théâtre où les clercs du Palais, dits Clercs de la Basoche , montaientet jouaient publiquement des scènes bouffonnes ou satiriques. Autour de cettetable siégeaient aussi trois tribunaux, la Connétablie, l'Amimuté, Eaux et Forêtsde France; tribunaux qui, malgré la destruction de la table, lors d’un événe-ment dont je vais parler, ont conservé jusqu’en 1790 la dénomination de Tablede marbre. Dans la nuit du 5 au 6 mr"s 1618, le l'eu prit à cette salle; favorisépar un vent violent du midi, il la consuma ainsi que plusieurs autres partiesdu Palais; les statues des rois et la table de marbre furent brisées et anéantiespour jamais.

11 fallut réparer tant de ravages et construire une salle nouvelle. Jacques deBrosses, habile architecte, fut chargé de ce travail ; il le termina en 1622. dettesalle, nommée Salle des Procureurs, puis Grand'Salle ou Salle des Pas-Perdus,sert de rendez-vous et de promenoir aux plaideurs et à tous les habitués duPalais. On y voit les entrées de plusieurs tribunaux de Paris .

Il n’existe point en France de salle plus vaste. Sa longueur est de deux centvingt-deux pieds, et sa largeur de quatre-vingt quatre. Son intérieur est diviséen deux nefs égales, par un rang de piliers et d’arcades. Ces piliers et ces ar-cades, contribuent à supporter les deux voûtes cintrées et en pierres de taillequi la couvrent. Elle est éclairée par de grandes fenêtres vitrées qui se trouventaux extrémités de chaque nef, et par des œils-de-bœuf pratiqués sur les flancsdes deux voûtes.

Au-dessous de cette salle est un étage inférieur aussi étendu qu’elle, maisque des murs de refend divisent en plusieurs pièces. L’architecture de cet étageinférieur est gothique ; les voûtes sont en ogive avec des nervures qui en des-sinent les arêtes. On y trouve une salle très-vaste, bâtie dans le même style,et plus élevée que les pièces contiguës; aux quatre angles sont quatre chemi-nées de grandes dimensions, et remarquables par leur construction; cette salleest nommeé les Cuisines de saint Louis. On voit, dans ces cuisines, un escalierpar lequel on montait à la salle supérieure, sans doute pour y transporter lesmets, lorsque les rois y donnaient des festins. Près de ces cuisines, un autreescalier descendait jusqu’à la rivière. On a été obligé, dans les années 1816 et1817, de reprendre en sous-œuvre les piliers et les voûtes de ces salles souter-raines dont le sol est dix pieds plus bas que le sol du quai de l’Horloge. Cet étageinférieur se composait encore, du côté qui avoisine la Conciergerie, de huitcachots et de quatre grandes chambres, établies au-dessus, qui servaient pa-reillement de prison : celles-ci étaient un peu éclairées.

Un second incendie, arrivé le 19 janvier 1776, consuma toute la partie duPalais qui s’étendait depuis l’ancienne galerie des prisonniers jusqu’à la portede la Sainte-Chapelle. Cet incendie nécessita des réparations qui devinrent très-avantageuses à l’édifice du Palais.

En 1787, toutes les constructions mesquines situées du côté de la rue de laBarillerie disparurent. Cette rue fut considérablement élargie, et bordée demaisons modernes. Une place demi-circulaire fut établie aux dépens de quel-