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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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Le Pré-aux-Glercs fut encore le théâtre des désordres des étudiants. Un largecanal, appelé La Petite-Seine , qui s'étendait depuis la rivière jusqu’au bas dela rue Saint-Benoît, abondait en poissons; les écoliers venaient y pécher. L’abbéde Saint-Germain, après avoir souffert longtemps cette atteinte à ses droits,envoya ses gens contre eux; ils résistèrent; combat sanglant. L’Universitéporte ses plaintes au pape, l’abbé de Saint Germain, plus régulier dans sa pro-cédure, demande justice au roi. Chaque partie eut son tribunal et son juge-ment. C’était bien le moyen de n’obtenir aucun résultat; ce ne fut, en effet,que vingt-sept ans après, en 1345, que l’Université et l’abbé de Saint Germain-des-Prés parvinrent à s’accorder.

Le clergé parisien , du reste, se montrait aussi déréglé dans sa conduite quel’étaient les membres de l’Université. Ainsi, les curés de Paris ne permettaientpas aux nouveaux mariés de consommer le mariage avant la bénédiction du litnuptial, bénédiction qu’il fallait toujours payer. Us exigeaient encore des ma-riés une exaction appelée plat de noces. Les chanoines de Notre-Dame , les ab-bés de Sainte-Geneviève, le doyen de Saiut-Germain-l’Auxerrois et les abbés deSaint-Germain-des-Prés percevaient par eux-mêmes ou par leurs subordonnéscette exaction sur leurs paroissiens.

Tous les curés de Paris refusaient d’enterrer un homme qui, avant de mourir,n’avait point fait, par son testament, un legs au clergé. Ceux qui meurent n’ontpas tous le temps de tester : alors les héritiers, pour que la sépulture chré-tienne ne fût pas refusée au défunt, sollicitaient comme une grâce la facultéd’ètre admis à lester à sa place : ce qui, comme on le pense bien, n’était ja-mais refusé. S’il arrivait que quelque prêtre eût la générosité d’enterrer unmort qui n’avait pas lesté en faveur du clergé, il était cité devant l’official, qui lepunissait de son désintéressement, comme d’une infraction aux lois de l’Église.

— Les évêques de Paris exigeaient des héritiers de toutes les personnes mor-tes dans ce diocèse, le dépôt de leurs testaments, pour s’assurer s’il n’v existaitpas quelque contravention, si quelques morts n’avaient pas fraudé les droits.

— Quoiqu’à la plupart des cures fussent attachés des revenus en fonds de terre,ceux qui les desservaient ne laissaient pas d’exiger de leurs paroissiens le prixde tous les actes, cérémonies, sacrements prescrits par l’Église, et de beau-coup d’autres qu’elle ne prescrivait pas : tels que les baptêmes, la communion,la confession, les pénitences, les messes, les fiançailles, les mariages, l’ex-Irême-onetion, les enterrements; puis, dans le cours de la vie, on payait en-core les offrandes à la messe, les offrandes des premiers fruits, les offrandesdes premiers-nés des animaux domestiques et les dîmes; la bénédiction du litnuptial et celle des nouveaux mariés, le lendemain de leurs noces; la béné-diction des champs, des jardins, des puits, des fontaines, des maisons nouvel-lement construites; la bénédiction de la besace du voyageur; la bénédictiondes raisins, des fèves; la bénédiction des cuves, des agneaux, du fromage, dulait, du miel ; la bénédiction des bestiaux en temps de peste ; la bénédictiondu sel que l’on donne aux troupeaux ; la bénédiction des armes, des épées,des poignards, des drapeaux; la bénédiction de l’amour, ou la bénédiction duvin (pie le prêtre faisait boire à deux amants.

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