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recoudre les vêtements déchirés : tels que la coite , la chape , le surcot , le minitel,le pelisson; des individus achetaient de vieilles bottes et de vieux souliers, oules réparaient; d’autres criaient chapeaux, chapeaux ! Quelques-uns s’offraientpour relier les cuviers, les lianaps, pour polir les pots d’étain ; ceux-ci vendaientdes treillis en fil d’archal, de la chandelle de coton, des mèches de jonc pourles lampes, du vieux fer, du jonc frais, du savon d’outrc-mer; ceux-là criaientnoël noël! cri de joie. — Le prix de plusieurs objets offerts en vente était sou-vent un morceau de pain. Des meuniers parcouraient les rues, et demandaientà grands cris si l’on avait du blé à moudre. Les cris que faisaient entendre tousles matins les écoliers, les moines, moinesses, les prisonniers et les aveugles desQuinze-Vingts, doivent être particulièrement remarqués : ils demandaient tousl’aumône.
A ces cris, qui peignent le tumulte de Paris , aux rues puantes, étroites et tor-tueuses de cette ville, joignons quelques traits qui caractérisent les croyancesde ses habitants à l’égard des opérations magiques.
Lorsqu’on voulait estropier, faire languir ou mourir un individu dont on nepouvait facilement approcher, on composait un vœu ou volt , et on Yenvoultait.Voici en quoi consistait Venvoultemenl. On fabriquait une image en limon, leplus souvent en cire, et, autant qu’on le pouvait, on la façonnait à la ressem-blance de la personne à laquelle on voulait nuire; de plus, on donnait à cetteimage le nom de cette personne, en lui faisant administrer par un prêtre, etavec les cérémonies et prières de l’Église, le sacrement du baptême; on l’oignaitaussi du saint chrême. On proférait ensuite sur cette image certaines invoca-tions ou formules magiques. Toutes ces cérémonies terminées, la figure decire, ou le volt, se trouvant, suivant l’opinion des fabricateurs, en quelque sorteidentifiée avec la personne dont elle avait la ressemblance et le nom, était àleur gré torturée, mutilée, ou bien ils lui enfonçaient un stylet à l’endroit ducœur. On était persuadé que tous les outrages faits, tous les coups portés à cettefigure, étaient ressentis par la personne dont elle portait le nom.
Les supplices étaient variés : on pendait souvent les voleurs, les meurtrierset les faussaires, très-nombreux pendant cette période; on coupait les oreillesaux filous et on les faisait fouetter ; on marquait certains criminels avec un ferchaud, non sur 1 épaule, mais a la joue ou au front. Tous les crimes étaient arbi-trairement punis ; aucun code ne réglait la conscience des juges.
Paris , en 1313, aux jours de la Pentecôte, fut le théâtre d’une fête quisurpassa en somptuosité toutes les fêtes passées. Phillippe-le—Bel invilaÉdouard 11, roi d’Angleterre, et son épouse, Isabeau de France , à y assister.Les princes et seigneurs du royaume y étalèrent à l’envi la magnificence deleurs harnais, de leurs habits. Le roi de France reçut ses trois fils chevaliers.Cette cérémonie fut suivie de tournois, de festins et de spectacles qui se donnè-rent à l’abbaye Saint-Germain-des-Prés , sous des tentes. On représenta le para-dis et l’enfer, diverses sortes d’animaux, et la procession du renard. Cette pro-cession offrait des scènes satiriques que Philippe faisait jouer par le peuple deParis , pour ridiculiser ou diffamer le pape Boniface Vilï. « Un homme vêtu de« la peau d’un renard mettait par-dessus un surplis, et chantait l’épître comme