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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIHE 1)E l'AKIS

gea en cour souveraine, présidée par le chancelier et composée des maîtres or-dinaires des requêtes de l’hôtel et de dix-sept conseillers. C’est cette cour qu’ona depuis nommée 1 & grand conseil. Sous ce règne se manifesta dans Paris la ma-ladie appelée d’abord grosse vérole , ensuite le mol de Naples et le mal français .Le parlement, de concert avec l’évêque de cette ville, pour diminuer les effetsde cette maladie qui fit de grands progrès, ordonna, le 6 mars 1597, « qu’on« ferait sortir de Paris ceux qui ont gagné ladite maladie hors de cette ville ; et» qu’on ferait enfermer, nourrir et traiter ceux qui l’ont gagnée à Paris . »

Charles VIH mourut, le 7 avril 1498, des suites d’un coup qu’il reçut à la tète,en passant précipitamment par une porte conduisant aux fossés du châteaud’Amboise. Les établissements furent peu nombreux à Paris sous son règne.

foiuk saint-geumain, située sur l’emplacement du nouveau marché Saint-Germain.— Les abbés et religieux de Saint-Germain-des-Prés jouissaient, de-puis les temps les plus barbares, du droit de foire. Cette foire commençait, tousles ans, quinze jours après Pâques , et durait trois semaines. En 1278, il y eutau Pré-aux-Clercs un combat violent entre les écoliers et les domestiques del’abbaye. Les religieux furent condamnés à de fortes amendes, et forcés decéder au roi l’autre moitié des revenus de cette foire : alors elle fut suppriméeet transférée aux Halles.

Les abbés et religieux de Saint-Germain-des-Prés avaient, pendant les guer-res civiles des règnes de Charles VI et Charles VII , éprouvé de grandes pertes :ils demandèrent à Louis XI , comme un dédommagement, le droit d’établir dansle faubourg Saint Germain une foire franche; ce roi leur accorda leur demandepar lettres patentes du mois de mars 1482. La durée de cette foire était d’abordde huit jours; dans la suite, ouverte le 3 février, elle se continuait pendant toutle carnaval, une grande partie du Carême, et ne finissait qu’au dimanche desHameaux Les religieux de Saint-Germain, dès l’an 1486, avaient fait construirepour cette foire cent quarante loges. Ces constructions en charpente, justementadmirées, devinrent, pendant la nuit du 16 au 17 mars 1763, la proie des flam-mes qui s’étendirent jusqu’à l’église de Saint-Sulpice, et y endommagèrent lacoupole de la chapelle de la Vierge. On les reconstruisit l’année suivante dansune forme plus simple. L’emplacement fut divisé en huit rues qui se coupaientà angle droit. Ces rues, dont quelques-unes se trouvaient abritées par des toitsen vitraux, étaient bordées de baraques, occupées temporairement par desmarchands de modes, de joujoux, de sucreries, de bijouteries, etc. On yvoyait plusieurs cafés très-vastes, des cabarets, des maisons de jeu et plusieursspectacles forains. On y comptait quatre grandes salles de théâtres où venaientjouer les acteurs des boulevards, ainsi que plusieurs autres salles destinées àdes objets de curiosité; enfin un Vauxhall d'hiver, lieu de danse, et vrai mar-ché de courtisanes.

L’emplacement de cette foire, bien plus vaste autrefois qu’il ne l’était en 1789,et que n’est aujourd’hui le marché Saint-Germain qui l’a remplacé, s’étendaitjusqu’aux environs du Luxembourg. Entre les rues Garancière et de Tournon se trouvait le lieu destiné à la vente des bestiaux : on le nommait le Champ