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crotté, ou le Champ de Foire. La partie qu’on appelait le Préau , destinée au mar-ehé, et où aboutissaient la rue de Buci et le passage de la Treille, avait ancien-nement beaucoup plus d’étendue que dans ces derniers temps.
filles pénitentes, établies d’abord sur l’emplacement de Yhôtel d’Orléans ,S| ir lequel on a construit la HalIe-aux-Blés, puis transférées au monastère deSaint-Magloire, rue Saint-Denis. — Un cordelier nommé Jean Tisserand , douéd’un grand zèle et d’une éloquence propre à entraîner les filles publiques quiabondaient à Paris , réussit à convertir environ deux cents de ces filles, et à lesréunir dans une communauté religieuse. Louis II, duc d’Orléans , qui fut depuisroi sous le nom de Louis XII , donna, en 1494, pour les loger, une grande partiede son hôtel d’Orléans, situé rue d’Orléans-Saint-Honoré. L’évêque de Paris ,■L an Simon, fit un réglement, où l’on voit que les filles, pour êLre admises dansce couvent, étaient tenues de faire des preuves suffisantes de leur libertinage ;d'affirmer par serment prêté sur les saints Évangiles, en présence du confesseuret de cinq ou six personnes, qu’elles avaient mené une vie dissolue. On étaitfort rigide sur cette preuve. 11 arrivait souvent que des filles se prostituaientexprès pour avoir droit d’entrer dans cette communauté; si ce fait était recon—eu, on les chassait honteusement de la maison. Il arrivait aussi que des filles,«i la suggestion de leurs parenls, qui voulaient s’en débarrasser, se présentaient,en protestant et jurant qu’elles avaient vécu dans la débauche, tandis qu ellesétaient encore vierges. Cette singulière tromperie détermina les religieuses deùi communauté à vérifier le fait : toutes alors, en présence des mères, sous-mères et discrètes, et par des matrones nommées exprès, furent soumises àune scrupuleuse visite. Ainsi, après la visite, si la fille postulante était trouvéevierge, on la renvoyait comme indigne d’entrer dans ce couvent.
A son origine, cette maison portait le titre de Refuge des filles de Paris , etdans la suite elle reçut celui de Filles Pénitentes. Ces filles restèrent dans lec ouvent établi sur l’emplacement de l’hôtel d’Orléans jusqu’en 1572, époque oùCatherine de Médieis, voulant y bâtir un hôtel, les fit déloger et transférer dans■e monastère Saint-Magloire, rue Saint Denis, monastère occupé par des moinesfini se retirèrent dans la maison de Saint-Jacques-du-Haut-Pas. Les guerres ci-viles du seizième siècle causèrent du désordre dans ce couvent comme danslieaucoup d’autres : la conduite de ces filles devint si scandaleuse, qu’on fut°bligé d'y introduire huit religieuses de Montmartre , chargées d’y remettre la■'ègle en vigueur. Elles y entrèrent en 1616; et, au moyen de quelques adoucis-sements apportés à la sévérité des anciens réglements, le bon ordre s’y rétablit.— Ce couvent fut supprimé en 1790, et ses bâtiments, ainsi que ceux de sonéglise, ont été, peu d’années après^ démolis en grande partie.
LouisXII, qualifié d’abord de duc d'Orléans, succéda à Charles VIII , le 7 avril1498. Ce roi fit quelques fautes en politique. On peut même lui reprocher quel-ques erreurs : mais elles furent éclipsées par des qualités éminentes, par un ca-l’aclëre de magnanimité sans orgueil, de bonté sans faiblesse, et d’équité sans