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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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SOUS HENRI III .

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plusieurs savants étrangers, enrichit sa bibliothèque de Fontainebleau dunnombre considérable de manuscrits, de livres imprimés, et fonda le Collège de France . Les têtes en fermentation annonçaient une explosion prochaine : ce roila favorisa ; et de nouvelles lumières brillèrent en France .

Olivier de Serre, surnommé le père de lAgriculture , communiqua au public lesfruits de sa longue expérience et de ses méditations, dans un ouvrage intitulé leMénage des Champs; la France est redevable à de Serre de la culture du mûrierblanc et de léducation des vers à soie. Ambroise Paré fut le père de lart chi-rurgical , et ouvrit une carrière nouvelle aux jeunes étudiants. Pour la pre-mière fois, en 1555, lanatomie fit des progrès, et nous en sommes redevables àRichard Hubert, qui obtint la permission de faire des démonstrations publiquessur les corps des hommes exécutés à mort par jugement des tribunaux , et surceux des personnes décédées à lHôtel-Dieu. Bernard Palissy , potier en terre,peintre en verre, pénétra assez avant dans les mystères de la nature pour entirer des conséquences que le célèbre Buffon na pas hésité dadopter. Il ornales palais des rois, et se montra supérieur à eux par son noble caractère.Lar-chitecture et surtout la sculpture éprouvèrent de notables changements : le goûtantique prit faveur en France ; et on le vit, pour la première fois, employé àParis , dans la construction du Louvre, par Pierre Lescot ; et ensuite dans celledes Tuileries , par Philibert Delorme . Jean Goujon orna divers palais des admi-rables productions de son ciseau. Amyot traduisit Plutarque ; et sa traduc-tion, quoique dans un style vieilli, est encore recherchée. Michel de Montaigne composa et publia ses Essais. Nul Français , avant lui, navait pénétré si avantdans les replis du cœur humain, et nen avait, avec autant doriginalité et deprécision, dévoilé les secrets.

Les théâtres de Paris , qui, avant cette époque, navaient offert aux spectateursque des mystères, des soties, des farces et des moralités, sennoblirent en quelquesorte par des tragédies, compositions informes, mais qui naissaient pour être per-fectionnées. Clément Marot prouva que la poésie suivait la marche progressivedes autres connaissances humaines. Rabelais , sous le voile dune burlesque allé-gorie, traçait les mœurs des règnes de François 1 er et de Henri II . Enfin lesEstienne, savants imprimeurs, honorèrent la ville de Paris , leur patrie, par leursavoir et par des éditions soignées de divers auteurs.

Le vice le plus exécré dans toute société, est la cruauté. François I er , Henri II ,Charles IX , Henri III , se sont montrés presque aussi cruels que les Néron et lesles Caligula . Comme ces empereurs, ils ont mêlé des fêtes pompeuses à daffreuxsupplices ; comme eux, ils unissaient à leur luxe ruineux pour le peuple, à leursexploits sanguinaires, la plus impudente débauche : corrompus, ils devenaientcorrupteurs; et leurs exemples, suivis par les courtisans, corrompaient aussi lesclasses inférieures, malheureusement trop enclines à imiter les vices embellis parle prestige des richesses et du pouvoir.

Brantôme, lapologiste de toutes les dissolutions, raconte quil eut, à Fon­ tainebleau , un entretien avec un grand prince , qui, après avoir fait léloge de

François I er , «. blasma fort ce roi de deux choses. : lune, pour avoir iutro-

« duit en la cour les grandes assemblées, abords et résidence ordinaire des