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étaient déjà assez multipliées en 1563, puisqu’en cette année le parlementdemanda au roi de défendre Y usage des coches par cette ville. Sur la fin du règnede Henri IV , cette voiture fut perfectionnée. On commença à y placer des por-tières et des vitres; et Bassompière fut, dit-on, le premier qui se procura ceraffinement de luxe.
Les rues de l’intérieur de Paris élaient trop étroites pour que les voiturespussent y circuler, et trop boueuses pour que des courtisans proprement chaus-sés pussent les parcourir à pied; ils se servaient le plus souvent, de cheval ou demulet. Les courtisans se rendaient ordinairement à la cour à cheval, ayantquelquefois, leurs dames en croupe. Les présidents et conseillers du parlementallaient au palais montés sur des mules.
J’ai dit que François I er , après 1521, laissa croître sa barbe pour cacher lacicatrice d’une blessure. Tous les courtisans l’imitèrent : les évêques en firentautant; et, de proche en proche, toutes les classes de la société adoptèrent cetusage. Mais la mode des longues barbes trouva, dans les chapitres métropoli-tains et dans les parlements, des ennemis puissants. Les chapitres refusèrentde recevoir dans leur église des évêques à longue barbe. Il fallut souvent queles rois interposassent leurs prières ou leur autorité pour les y contraindre.Guillaume Duprat à Clermont , Antoine Caraccioli à Troyes , le cardinal d'Anjouau Mans , Jean de Morviller à Orléans , Charles Gu illard à Chartres , Antoine deCréquy à Amiens , etc., furent autant d’évêques refusés d’abord, ou admis en-suite avec de grandes difficultés par les chapitres, à cause de la longueur deleur barbe. Pierre Lescot , abbé de Glagni, habile architecte, ayant obtenu uncanonicat à Notre-Dame de Paris , pour être installé, éprouva d’abord des refus,en 1555. de la part de ce chapitre, à cause de sa longue barbe. Une affaireaussi grave dut occuper la Sorbonne. De la matière mise en délibération auprima mensis de juillet 1581, il résulta un décret portant que la barbe est con-traire à la modestie, qui doit être la principale vertu d’un théologien. Non défé-rant barbas, et reniant tonsi, dit le fatal décret. Le parlement de Paris, quiavait approuvé les massacres de la Saint-Bartliélemi, désapprouva sévèrementla mode des longues barbes. Après avoir ridiculement bravé la mode, ils finirentpar s’y soumettre ; mais ils ne cédèrent au torrent qu’après une longue et glo-rieuse résistance. — Louis XIII , monté jeune sur le trône, n’offrit aux imita-teurs qu’un menton imberbe : alors les barbes diminuèrent de volume, et furentbientôt réduites à la moustache, que l’on portait encore sous Louis XIV .
L’usage des masques, quoique ancien, n’était que circonstanciel. Les sei-gneurs, afin de se soustraire aux poursuites de la justice et de n’être point con-n us, prenaient des masques pour voler les passants sur les chemins. On a vu despersonnages de la cour de France, dans les fêtes données à Saint-Denis , aprèsle mariage de Charles VI , prendre des masques pour se livrer sans rougir à ladébauche. On prit des masques pour aller jouer au momon ou jeu de hasard. Leparlement ordonna, le 26 novembre 1535, à deux de ses huissiers d’enlever tousles masques qui, dans Paris , se trouveraient exposés en vente : le lendemain,cette cour rendit une autre ordonnance, pour prohiber la fabrication et la ventedes masques. Vers la fin du règne de François I er , on adopta l’usage des masques