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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DE PARIS

pour un autre motif; les femmes de la cour commencèrent à sen servir pourpréserver leur peau des atteintes de Pair.

Lusage des bas de soie naquit pendant cette période. Henri II en porta lepremier en France : ce fut à loccasion des noces de sa sœur, en 1559. Ilparaît que sous Henri III commença lusage des fourchettes à table; c'est cequindique un auteur, en parlant dune salade qui ne ressemblait en rien auxsalades ordinaires ; il dit : « On la servoit dans de grands plats émaillés, qui« étoient tous faits par petites niches : les convives les prenoient avec des four-« clicttcs ; car il est défendu, en ce pays-, de toucher la viande avec les mains,« quelque difficile à prendre quelle soit, et aiment mieux que ce petit instru-« ment fourchu touche à leur bouche que leurs doigts. »

Le 8 août 1548, Henri II ordonna que Yeffigie du roi serait désormais placéesur les monnaies, au lieu dune croix qui se trouvait dans les anciennes pièces.Cette nouveauté eut pour motif de rendre plus difficile la contrefaçon de cesmonnaies. Lusage de placer lannée de la fabrication sur chaque pièce fut intro-duit dans le môme temps.

Sous cette période, la littérature fit de grands progrès. Linstruction devintun goût dominant, une nécessité; on étudia par curiosité, par émulation, paramour-propre, par esprit de parti; on étudia pour attaquer les abus et leserreurs ; on. étudia pour les défendre. On exhuma des vieilles bibliothèques lesproductions antiques de la Grèce et de Rome; on commenta, on corrigea leurtexte ; tous les écrits échappés au ravage du temps reçurent une nouvelle vie,et furent F objet dun respect, pour ainsi dire, religieux. La culture des lettres,à laquelle se livrèrent un très-grand nombre dindividus, offrant à lesprit desmaximes de morale et des exemples de vertus, dut concourir beaucoup à lamé-lioration des mœurs. Ainsi, les grandes catastrophes politiques, le protestan-tisme et létude des lettres diminuèrent la corruption, et commencèrent à fonderla morale publique ; car ce résultat ne fut certainement ni au clergé, dont lesmœurs étaient très-dissolues, ni à la cour, foyer de corruption, ni aux pratiquesminutieuses et magiques mêlées à la religion quon y professait, ni aux décla-mations des prédicateurs qui ne prêchaient que la sédition, la vengeance et lemeurtre. Cette amélioration dans les mœurs fut considérable, mais ne devintnéanmoins sensible quà la fin de cette période et plus encore dans la périodesuivante.

PARIS DEPUIS LORIGINE DE LA LIGUE JUSQUAU RÈGNE

DE LOUIS XIII .

PARIS SOUS LA DOMINATION DE LA LIGUE.

Objet de l'indignation des. gens de bien, pour sa participation aux massacresde la Saint-Barlliélemi ; objet de mépris par ses excès de débauche et sa dévo-tion ridicule, Henri III inspira bientôt le sentiment de la pitié. On va le voir,