324
pour un autre motif; les femmes de la cour commencèrent à s’en servir pourpréserver leur peau des atteintes de Pair.
L’usage des bas de soie naquit pendant cette période. Henri II en porta lepremier en France : ce fut à l’occasion des noces de sa sœur, en 1559. — Ilparaît que sous Henri III commença l’usage des fourchettes à table; c'est cequ’indique un auteur, en parlant d’une salade qui ne ressemblait en rien auxsalades ordinaires ; il dit : « On la servoit dans de grands plats émaillés, qui« étoient tous faits par petites niches : les convives les prenoient avec des four-« clicttcs ; car il est défendu, en ce pays-là, de toucher la viande avec les mains,« quelque difficile à prendre qu’elle soit, et aiment mieux que ce petit instru-« ment fourchu touche à leur bouche que leurs doigts. »
Le 8 août 1548, Henri II ordonna que Yeffigie du roi serait désormais placéesur les monnaies, au lieu d’une croix qui se trouvait dans les anciennes pièces.Cette nouveauté eut pour motif de rendre plus difficile la contrefaçon de cesmonnaies. L’usage de placer l’année de la fabrication sur chaque pièce fut intro-duit dans le môme temps.
Sous cette période, la littérature fit de grands progrès. L’instruction devintun goût dominant, une nécessité; on étudia par curiosité, par émulation, paramour-propre, par esprit de parti; on étudia pour attaquer les abus et leserreurs ; on. étudia pour les défendre. On exhuma des vieilles bibliothèques lesproductions antiques de la Grèce et de Rome; on commenta, on corrigea leurtexte ; tous les écrits échappés au ravage du temps reçurent une nouvelle vie,et furent F objet d’un respect, pour ainsi dire, religieux. La culture des lettres,à laquelle se livrèrent un très-grand nombre d’individus, offrant à l’esprit desmaximes de morale et des exemples de vertus, dut concourir beaucoup à l’amé-lioration des mœurs. Ainsi, les grandes catastrophes politiques, le protestan-tisme et l’étude des lettres diminuèrent la corruption, et commencèrent à fonderla morale publique ; car ce résultat ne fut certainement dû ni au clergé, dont lesmœurs étaient très-dissolues, ni à la cour, foyer de corruption, ni aux pratiquesminutieuses et magiques mêlées à la religion qu’on y professait, ni aux décla-mations des prédicateurs qui ne prêchaient que la sédition, la vengeance et lemeurtre. — Cette amélioration dans les mœurs fut considérable, mais ne devintnéanmoins sensible qu’à la fin de cette période et plus encore dans la périodesuivante.
PARIS DEPUIS L’ORIGINE DE LA LIGUE JUSQU’AU RÈGNE
PARIS SOUS LA DOMINATION DE LA LIGUE.
Objet de l'indignation des. gens de bien, pour sa participation aux massacresde la Saint-Barlliélemi ; objet de mépris par ses excès de débauche et sa dévo-tion ridicule, Henri III inspira bientôt le sentiment de la pitié. On va le voir,