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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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SOUS LA DOMINATION DE LA LIGUE,se laissant envelopper dans les filets de ses ennemis, employer, pour s'y sous-traire, tour à tour de lâches et inutiles condescendances, et même des crimes quiprécipitèrent sa ruine. On va voir la cour de Rome, la cour dEspagne, la maisonde Lorraine , fafie la guerre au parti protestant , et travailler sourdement à détrô-uer Henri III . Le motif de la guerre contre le parti protestant est évident. La courde Rome avait sa puissance à défendre ; celle dEspagne , son fanatisme à satis-faire. De plus, ces deux puissances voyaient Henri 111 sans enfants, et, après samort, la couronne de France passer par droit héréditaire au roi de Navarre, chefdu parti protestant : elles devaient craindre qualors le protestantisme ne devîntla religion dominante en France .

Le roi dEspagne, Philippe II , qui fournissait les finances nécessaires audéuôneurent projeté de Henri III, espérait aussi réunir la couronne de France àla sienne, ou plutôt obtenir sur la France un grand ascendant, en mariant sa filleIsabelle à Charles de Lorraine , duc de Guise, quil désirait bien voir sur le trôneà la place de Henri III . Le pape lentretenait dans cette espérance, etfavoiisaitsecrètement le duc de Guise. Le premier objet était de détrôner ce roi. Pour yparvenir, les conjurés, daccord sur ce point, imaginèrent de former une liguedont le but apparent consistait à combattre les protestants, et dont le but cachédevait être la ruine du roi de France . Le 14 mai 1576, fut publié un traité depacification entre les deux partis qui divisaient la France . Le mécontentementquil fit naître parmi les catholiques parut convenir à lambition du duc de Guise.A son instigation, le sieur d'Huœières et ses autres partisans entraînèrent lanoblesse et la plupart des habitants de la Picardie. Tous jurèrent, à Péronne , demaintenir la nouvelle association. Dans dautres provinces, les mêmes intriguesproduisirent les mêmes effets.

Cette association sétablit dans presque toutes les villes de France avec unerapidité qui effraya Henri III . Il voulut dabord en arrêter les progrès. Mais bientôtaprès, étant aux états de Blois , il signa lui-même cette association avec un grandnombre de seigneurs qui sy trouvaient ; et, pour contrarier les projets du duc deGuise, se déclara le chef de la Ligue ou de la Sainte Union. Après cette déclaration,il envoya à Paris Nicolas Lliuillier, prévôt des marchands, pour faire signer la for-mule du serment de la Ligue à tous les habitants de cette ville. De Thou, présidentdu parlement, ne le signa que conditionnellement. Le roi, étonné de cette résis-tance, voulut en connaître les motifs, et dépêcha secrètement auprès du premierprésident, qui exposa à son envoyé les motifs de son opinion. Le roi, en lesa Pprenant, dit : Nous avons attendu trop tard , nous aurions jjïus tôt consulterdf. de Thou. « Le 1 er février 1577, les quarteniers et les dixainiers de Paris , dit

* lEstoile, alloient par les maisons des bourgeois porter la Ligue , et faire signer

* les articles dicelle. Le président de Thou et quelques autres présidents et« conseillers la signèrent avec restriction ; les autres la rejetèrent tout à plat, la

* plupart du peuple aussi. »

Cette déclaration et le refus que fit Grégoire XIII de seconder les ligueurssuspendirent leur projet. Pendant huit années consécutives, la Ligue parut inani-mée. Cet intervalle de temps fut rempli par des intrigues, par les succès, lesrevers et les désastres de la guerre civile, par des écrits et des placards injurieux,