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Chassés solennellement (le Paris et de la France , flétris par l’érection de cemonument et par ses inscriptions, les jésuites plièrent comme le roseau et ne serompirent point. Ce serait une histoire assez curieuse que celle des intrigues, desmoyens subtils qu’ils employèrent pour rentrer en faveur auprès de Henri IV :elle offrirait aux hommes les plus perfectionnés dans l’art de parvenir des leçonsprofitables.
Enfin, le 25 septembre 1603, les jésuites, après huit années de bannisse-ment, furent rétablis en France et à Paris : mais ce ne fut qu’après la mort deHenri IV que les jésuites reconquirent la permission de tenir un collège et d’en-seigner la jeunesse. Le P. Cotton, religieux de cet ordre, devenu presque aussitôtconfesseur et prédicateur du roi, ne tarda pas à solliciter la démolition de lapyramide dont les inscriptions diffamaient, la société de Jésus . Henry IV y con-sentit; le parlement s’y refusa. Alors le roi, usant de son autorité suprême,ordonna cette démolition, et voulut qu’elle s’exécutât pendant la nuit, dans lacrainte qu’elle n’excitât un soulèvement parmi le peuple; mais le P. Cotton de-manda que ce monument fut détruit en plein jour, disant que Henri IV n’étaitpoint un roi des ténèbres.
couvent de picpcs, situé rue de ce nom, à l’extrémité du. faubourg Saint-An-toine. Vincent Mussart établit les Pénitents réformés du tiers-ordre de Saint-François,en 1600 ou 1601, dans une maison du village de Picpus, jadis occupée par descapucins ou des jésuites. Bientôt cette maison parut insuffisante au gré du réfor-mateur : il fit, en 1611, commencer la construction de nouveaux bâtiments etd’une nouvelle église, et son couvent devint chef d’ordre.
Cette maison, supprimée en 1790, est devenue une propriété particulière.
récoelets, recollecti, recueillis ; couvent situé au coin de la rue des Récolletset de celle du faubourg Saint-Martin. Il offre encore une ramification de lasouche féconde plantée par François-le-Sérapliique. Quelques religieux de cetordre, favorisés par un tapissier, Jacques Cottard, qui leur donna une vastemaison dans un lieu inhabité, et protégés par Henri IV et Marie de Médicis , s’yétablirent en 1603, et y firent bâtir une église qui n’avait rien de remarquable.Les récollets furent supprimés en 1790, et leurs bâtiments convertis en hospicedes Incurables.
petits—AUGUST ixs , couvent situé rue des Petits-Augustins, au faubourgSaint-Germain. Marguerite de Valois , première femme de Henri IV , princesseaussi galante que dévote, dans un danger auquel elle échappa à son châteaud’Usson, en Auvergne , avait fait un vœu qu’elle désirait accomplir. Ayant donnéson consentement à la dissolution de son mariage, le roi lui permit d’habiterParis , et d’y porter le titre de reine. Elle acheta un vaste emplacement et.un hôtel dans le faubourg Saint-Germain, près du cours de la Seine . Dansl’enclos de cet hôtel se trouvait un petit établissement monastique fondépar Marie de Médicis , seconde femme de Henri IV : il était composé de cinqfrères de la Charité, que cette reine avait fait venir de Florence . Marguerite expulsa ces moines, et, d’après les conseils du P. Amet, augustin, qu’elleavait, choisi pour son confesseur, elle les remplaça par des augustins. Par cemoyen, son vœu fut accompli. Autorisés par un brevet du pape de Tan 1607,