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donna le courage de se dépouiller des titres de duchesse et de favorite pourprendre celui de sœur Louise de la Miséricorde . Elle vécut trente-six ans danscette maison, se soumet tant rigoureusement à la règle, et y mourut en 1710.
Ce couvent fut supprimé en 1790 : dans la suite on démolit l’église, et Tonvendit les autres bâtiments. En 1815, quelques anciennes carmélites se sontréunies dans une partie des bâtiments qui subsistaient encore, et y ont faitconstruire une chapelle où, comme je l’ai dit, elles ont placé le tombeau ducardinal de Rérulle, par Sarrazin et Lestocard.
capucines, couvent de religieuses situé d’abord rue Saint-Honoré, en face dela place Vendôme.
Louise de Lorraine , épouse de Henri 111, laissa, pour fonder un couvent decapucines à Bourges , la somme de soixante mille livres. Marie de Luxembourg,duchesse de Mercœur, sa belle-sœur, exécuta en partie la volonté de la défuntereine; seulement, au lieu de fonder le couvent à Bourges , elle le fonda dansParis . Elle acheta l’hôtel du Perron, et posa, le 29 juin 1004, la première pierredu bâtiment, qui fut achevé et occupé par les x - eligieuses en 1606.
Louis XIV , en 1688, pour faire construire la place Vendôme , ordonna ladémolition de ce couvent et l’érection d’un nouveau monastère, plus vaste etplus commode, à l’endroit où finit la rue des Petits-Champs et où commencela rue des Capucines. La façade de l’église correspondait à Taxe de la placeVendôme.
Ce couvent fut supprimé en 1790 : il y avait alors dix ou douze religieuses, quifurent traitées avec les égards dus à .leur âge et à leur position. Les bâtimentsde ce monastère furent, dans la suite, destinés à la fabrication des assignats.Les jardins de cette maison, théâtre des gémissements et des austérités, devin-rent, pendant quelques années, une promenade publique et le séjour des jeuxet des amusements : là fut établi le premier Panorama. Enfin, je dirai que c’estsur une partie de l’emplacement de cette maison religieuse qu’en 1806 fut ouvertela belle rue dite de Napoléon , puis de la Paix.
hôpital saint-louis , situé rue du Carême-Prenant et de l’Hôpital Saint- Louis . La peste, ou une maladie contagieuse presqùe aussi désastreuse, répan-dait l’alarme dans Paris vers la fin de Tannée 1606. L’hôpital de l’Hôtel-Dieu,si insuffisant, si mal administré, était plus propre à propager cette contagionqu’à la détruire. Les pestiférés couchaient ordinairement dans le même lit avecd’autres malades. Le bureau de la ville exposa au président de Harlai l’urgentenécessité d’avoir un lieu spécialement affecté aux pestiférés. Le roi, par unédit du mois de mai 1607, assigna des fonds pour la construction et l'entretiend’un nouvel hôpital, qu’il fit nommer de Saint-Louis; et, le vendredi 13 juilletde la même année, ce roi posa la première pierre de la chapelle. Dans l’espacede quatre ans, ce vaste édifice fut achevé sous la direction de Claude Ville-faux, mais en 1619 seulement, on put y placer des malades. Cet hôpital n’apas cessé d’être en activité, et a reçu des améliorations dont je parlerai dans lasuite.
hôpital sainte-anne ou de LA santé, situé au-delà de la barrière de laSanté. Marguerite de Provence , veuve de saint Louis, avait établi en ce lieu un