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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DE PARIS .

« qui est plus pressé, la ville ayant perdu la plupart de son revenu par la démo-t lition des maisons qui étoient aux porles dicelle. Dautres incommodités pour-« raient survenir si les ennemis approclioient, etc. »

Cependant, à cette époque, Paris avoit éprouvé de grandes restaurations. Lors-que, quelques mois après, les ambassadeurs dEspagne vinrent en cette ville signerle traité de paix de Vervins , ils la trouvèrent bien différente de ce quelle étaitpendant la guerre. Ils dirent au roi : Sire, voici une ville qui a bien changé de facedepuis que nous lavons vue. Henri IV leur répondit : Quand le maître nest pointen sa maison, tout y est en désordre ; mais, quand il est revenu, sa présence y sertdornement, et toutes choses y profitent.

François Miron, élu prévôt des marchands, en 1604, seconda le goût de Henri IV pour lembellissement de Paris . Le quai de lArsenal et quelques autres, desabreuvoirs, des égouts, quelques rues élargies et pavées, la façade de lIIôtel-de-Ville et autres édifices et réparations dont jai parlé, sont dus aux soins et à lasollicitude éclairée de ce magistrat, qui contribua à changer un peu la physionomiebarbare que cette ville conservait encore.

ÉTAT CIVIL DE PARIS .

Dans le tableau des événements qui se sont passés sous la Ligue, on a vu seformer quelques établissements, commandés par la nouveauté des circonstances;ils disparurent dès que Henri IV fut maître de cette capitale. Ce roi y rétablitlancien ordre des choses ; seulement, après la mort du sieur dO, gouverneurde Paris , il ne le remplaça point. Le 25 octobre 1594, il écrivit aux prévôts desmarchands et échevins quil voulait faire cet honneur à sa bonne ville de Paris ,den êire lui-même gouverneur. « Laquelle résolution , dit lEstoile, fut estimée« et trouvée bonne de tout le monde. »

Peu de temps après que Henri IV eut fait son entrée à Paris , il voulut y êtreen sûreté : en conséquence, il publia, le 8 mai 1594, une ordonnance dontlobjet était de sinstruire sur le nombre des habitants de cette ville, leurs armes,la qualité et les motifs de ceux qui venaient sy établir : il établit un ordre plussévère pour la garde des portes ; il prescrivit aux colonels, capitaines, lieute-nants, enseignes, de sy rendre en personne avec les bourgeois, et de ne sy faireremplacer que lorsque leurs fonctions les appelaient ailleurs. « La garde des« portes, y est-il dit, commencera à six heures du matin, en été, et à sept« heures, en hiver. Avant den abattre les ponts-levis et douvrir les barrières,« on fera sortir par les guichets et planchettes un sergent avec quelques bour-i geois pour faire la découverte au dehors, de peur de surprise...; on ne recevrac personne sans passe-port, etc. » En 1609, ce roi rendit une autre ordonnancerelative à la propreté et salubrité de Paris . Chaque propriétaire payait, pour ccservice, un écu.

La plupart des rues nétaient pavées que dun côté, ou ne létaient pas du tout:lon y rencontrait, de loin en loin, des cloaques puants, des amas de gravois etdimmondices Cette partie de la police ne fut pas mieux administrée sous lerègne suivant : on construisait de vastes et magniques édifices, et ils étaient pourainsi dire inabordables,