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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DE PARIS

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pension de jeux, répondirent « quils vouloient être sages doresnavant et bons» ménagers, puisque le roi leur en montroit le premier lexemple, et que M. de» Rosny leur apprenoit tous les jours à le devenir. »

Le luxe était excessif à la cour de Henri IV . Ce roi aurait sans doute préféréla simplicité; mais il nen était pas ainsi de ses maîtresses et de ses courtisans.Bassompierre dit que, pour la cérémonie du baptême des enfants du roi, il fitfaire un habillement qui lui coûta quatorze mille écus; il en paya six cents pourla façon seulement : il était composé détoffes dor, brodé en perles. II acheta deplus une épée garnie de diamants, quil paya cinq mille écus : il avoue quil fitcette dépense extraordinaire avec de largent gagné au jeu. Au baptême du filsde madame de Sourdis, en 1594, Gabrielle dEstrées parut vêtue d'une robe desatin noir « tant chargée de perles et de pierreries, dit lEstoile, quelle ne se» pouvoit soutenir. » Le même écrivain ajoute peu après : « Samedi, 12 novembre,» on me fit voir un mouchoir quun brodeur de Paris venoit dacheter pour» madame de Liancourt (Gabrielle dEstrées ), laquelle le devoit porter le lende-» main à un ballet, et en avoit arrêté le prix avec lui à dix-neuf cents écus quelle» lui devoit payer comptant. »

Le luxe fit en même temps des progrès rapides parmi les bourgeois. « Pendant» quon apportait à tas de tons côtés à lHôtel-Dieu les pauvres membres de» Jésus-Christ, si secs et si atténués quils nétoient pas plus tôt entrés quils» rendoient lesprit, on dansoit à Paris , on y mommoit; les festins et les ban-» quels sy faisoient à quarante-cinq écus le plat., avec les collations magnifiques» à trois services, les confitures sèches étaient si peu épargnées que les dames» et demoiselles étaient contraintes de sen décharger sur les pages et laquais.» Quant aux habillements, bagues et pierreries, la superfluité était telle, quelle» sétendoit jusquau bout de leurs souliers et patins, etc. La femme dun simple» procureur fit faire une robe en ce mois, de laquelle la façon revenoit à cent» francs. »

Le luxe des habits, une suite nombreuse de pages, de laquais, de gentils-hommes, décuyers, etc.; le luxe de la table; un ton menaçant, des fanfaron-nades, des débauches bruyantes, des créanciers quon ne payait pas et quonmaltraitait souvent, laffectation à se montrer joyeux, satisfait, tout-puissant,supérieur aux bienséances et aux lois, étaient les traits du caractère de la noblesse,les honneurs, la gloire quambitionnaient les princes et seigneurs de ce temps.DAubigné, dans son Baron de Fœneste, a peint avec autant de gaîté que decynisme lignorance, la superstition stupide, la bassesse et même la lâchetéde certains nobles ou courtisans du règne de Henri IV et des commencements decelui de son successeur. Voici comment il trace les manières et les discours descourtisans qui fréquentaient le Louvre. « Vous commencez à rire au premier» que vous rencontrez; vous saluez lun, vous dites le mot à lautre : Frère,» que tu es brave, espanoui comme une rose! Tu es bien traité de ta maîtresse ;» cette cruelle, celte rebelle, rend-elle point les armes à ce beau front , à cette mous-» tache bien troussée ! et puis cette belle grève, cest pour en mourir ! 11 faut dire» cela en démenant le bras, branlant la tête, changeant le pied, peignant d une» main la moustache, et daucune fois les cheveux... Vous voulez savoir de