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Le roi, qui n’aimait point Richelieu et le craignait, apprit sa mort avec l’indif-férence qu’il montra lorsqu’il vit sa mère chassée du Louvre et de la France , safavorite La Fayette jetée dans un couvent, et son favori Cinq-Mars décapité; carce roi était aussi dépourvu d’énergie que de sensibilité. Bientôt après, il mourutà Saint-Germain, le 13 mai 1643, âgé de quarante - deux ans.
COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES n’iIOMMES.
noviciat des jésuites, maison située rue du Pot-de-Fer, n°* 12 et 14. Made-leine Lhuillier, veuve de Sainte-Beuve , le 3 avril 1610, donna aux jésuites sonhôtel de Mézières, pour y placer le noviciat de leur société. Ainsi ces pèresobtinrent un troisième établissement dans Paris . Dans cette maison de probation,les jeunes aspirants à la gloire et à la fortune jésuitiques étaient soumis à desépreuves et à un enseignement qui pouvaient les leur faire mériter. Les jésuitesachetèrent plusieurs maisons voisines de l’hôtel de Mézières, de sorte que cettepropriété ne fut confinée que par des rues, par celles du Pot-de-Fer, Mézières,Cassette et Honoré-Chevalier. Us firent bâtir, en 1630, aux dépens de FrançoisSublet Desnoyers, secrétaire d’État, une église dont le grand autel fut, en 1709,construit par la munificence de Louis XIV . Lorsque les jésuites furent, en 1763,chassés de Paris , on vendit cette maison et son enclos à divers particuliers. Laloge des francs-maçons, dite du Grand-Orient, a, pendant plusieurs années,occupé quelques parties de cet établissement, et, sur la rue du Pot-de-Fer, on aconstruit un vaste bâtiment destiné à un dépôt de farines.
carmes déchaussés, maison religieuse, située rue de Vaugirard n° 70. Déjàil existait, à Paris , deux maisons de carmes. Le pape Paul V jugea ce nombreinsuffisant; il envoya une nouvelle colonie de carmes déchaussés, qui arrivèrentdans cette ville peu de temps après la mort de Henri IV . Nicolas Vivien, maîtredes comptes, leur fit, le 11 mai 1611, don d’un vaste emplacement, situé ruede Vaugirard. Les nouveaux carmes y firent bâtir à la hâte les logements lesplus nécessaires, et établirent leur chapelle dans une salle qui avait servi deprêche aux protestants. Bientôt après, avec les amples ressources qu’ils trou-vèrent dans le zèle des âmes charitables, ils firent construire, en 1613, ungrand et solide bâtiment, puis une vaste église, qui, en 1620, fut entièrementterminée.
Ces moines, qui ne portaient point de bas, qui n’avaient que des sandales auxpieds, excitèrent l’enthousiasme des riches dévots et des dévotes de Paris . Lesdons en leur faveur furent si abondants qu’ils purent faire élever encore plusieursgrandes maisons dont le prix de ferme produisait plus de cent mille francs paran. a Ces richesses, ditM. de Saint-Foix , ne les enorgueillissent pas; ils conti-nuent toujours d’envoyer des frères quêteurs dans les maisons. »
Les carmes eurent le même sort que tous les ordres monastiques. Lors de larévolution, leurs propriétés furent comprises parmi les biens nationaux. Versl’an 1808, une société de femmes dévotes, à la tête desquelles était madame deSoïecourt, se rendirent propriétaires de l’église et de quelques bâtiments de ce