374 HISTOIRE DE PARIS
couvent, et y firent célébrer l’office divin. Depuis quelques années on y a établides carmélites.
Leur église, régulièrement construite, est surmontée parun dôme, dont lacalotte fut ornée, par Bertholet Flamael, d’une peinture représentant le pro-phète Elie enlevé dans le ciel, et jetant son manteau à son disciple Élisée . J’aidit ailleurs que les carmes faisaient remonter très-haut leur généalogie, etqu’ils considéraient les prophètes Élie et Elisée comme des moines de leur ordre.L’intérieur de cette église était orné de quelques monuments sépulcraux. Onadmirait dans la chapelle de la Vierge, située à gauche du sanctuaire, uneVierge en albâtre, sculptée à Rome par Antoine Raggi, d’après le modèle ducavalier Bernin, placée maintenant dans la chapelle de la Vierge à Notre - Dame .
minimes ue la FLACE-itOYALE, rue de la Chaussée -des-Minimes, n° 6. Ilexistait déjà deux couvents de minimes près de Paris , un à Chaillot, l’autre àVincennes ; on en établit un troisième dans la capitale, sous le règne de Henri IV .Ces moines, à leur arrivée, occupèrent un bâtiment et une chapelle contigusà celle de Sainte-Susanne, située sur l’emplacement de l’église de Saint-Roch;puis, avec les sommes que leur fournit un chanoine de Notre-Dame , ils achetè-rent un terrain dépendant de l'ancien hôtel des Tournelles. En IC 10, ils y firentconstruire une chapelle ; mais ils trouvèrent bientôt leur église et leur couventtrop modestes, et résolurent d’en faire bâtir de plus somptueux. Marie de Médicis seconda leur dessein, afin d’acquérir le titre glorieux de fondatrice de ce mo-nastère. Cette princesse fit poser la première pierre de ces édifices, en son nom,par le cardinal Henri de Gondy, en ICL1 ; les événements politiques qui agitè-rent la France , et dont cette reine fut la victime, retardèrent la continuationdes travaux, qui ne furent terminés qu’en 1679. Le portail de cette église, forméde deux ordres, le dorique et le composite, était l’ouvrage du célèbre François Mansard .
Les diverses chapelles qui entouraient la nef étaient ornées de tableaux deVouet , La Ilire, Coypel , Largiliière, etc. La plupart d’entre elles renfermaientdes monuments funèbres, plus ou moins magnifiques, celui d’Édouard Colbert ,un des plus beaux ouvrages de Coustou l’aîné; ceux du duc de La Vieuville,du président Le Jai, du docteur et savant Jean Delaunay, surnommé le déni-cheur de saints; d’Abel de Sainte-Marthe, garde de la bibliothèque de Fontaine-bleau. Une chapelle contenait les monuments en marbre de deux bâtardsroyaux, de Diane, duchesse d’Angouléme, fille de Henri II , et de Charles deValois, duc d’Angoulême, fameux dans son temps par ses débauches, ses lâchesconspirations contre Henri IV , son bienfaiteur, et par sa longue détention à laBastille. La suppression du couvent des minimes s’opéra en 1790; l’église futdémolie en 1798; et sur son emplacement on a prolongé la rue de la Chaussée-des-Minimes, et transformé les autres bâtiments en caserne de gendarmerie-infanterie.
jacobins de la uuE SAINT-HONORÉ , couvent situé sur remplacement dumarché qui porte ce nom. Sébastien Michaelis, général des jacobins, présidantle chapitre général de l’ordre de Saint-Dominique tenu, en 1611, à Paris , pourremédier au relâchement et au désordre introduits dans la plupart des maisons