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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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sous louis xm.

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(les jacobins de France , proposa la fondation, à Paris , dun nouveau couvent deces moines, couvent qui serait assujetti à la réforme. Il obtint sans peine du roiet de la régente la permission de faire cet établissement. Lévêque de Paris donna50,000 livres pour les frais de construction du couvent et de léglise.

Léglise, comme toutes les autres, était ornée de peintures et de tombeaux ; ony lemarquait quelques ouvrages des peintres Porbus , Rigaud, Douasse ; et, parmiles monuments sépulcraux, on distinguait celui du maréchal de Créqui, exécutépar Coustou laîné et Joli, daprès les dessins de Lebrun ; celui de Pierre Mignard ,peintre célèbre, mort en 1G95. La comtesse Feuquières, sa fdle, y était repré-sentée à genoux, priant Dieu pour son père. La bibliothèque de ce couvent futdabord peu considérable. Elle fut accrue par le don quen 1089 fit à ces moinesun docteur de Sorbonne, appelé Piques. Elle se trouvait, dans les dernierstemps, composée denviron trente mille volumes. La salle de la bibliothèqueservit aux séances de la fameuse société des Amis de la Constitution , qui, à causedu couvent, reçut le nom de Société des Jacobins . Il en sera parlé en son lieu.Ce couvent fut supprimé en 1790; dans la suite, les bâtiments furent démolis et,sur leur emplacement, ainsi que sur celui de leur jardin, on a, en 1810, établi unmarché appelé dabord Marché des Jacobins, puis Marché Saint-Honoré.

jacobins nu faubourg sajnt-gehmain, couvent situé entre les rues du Bac etde Saint-Dominique, dont léglise est aujourdhui léglise paroissiale du dixièmearrondissement, sous le vocable de saint-tiiomas-daqüin. Nicolas Radulphi, gé-néral des jacobins, muni dun bref du pape, vint à Paris , accompagné de quatrereligieux de son ordre, et obtint de Louis XIIf, en 1632, la permission détablirdans cette ville un troisième couvent de jacobins, qui devait porter le titre deNoviciat général de lordre de Saint-Dominique en France .

Le parlement, qui commençait à craindre le résultat dun accroissement incon-sidéré de monastères dans une viile qui en était déjà surchargée, opposa quelquerésistance à létablissement de celui-ci; mais les nouveaux jacobins nattendirentpassa décision. Ils vinrent, dès 1631, occuper un assez modeste local disposépour eux. Bientôt, enorgueillis par la protection du fameux cardinal, enrichis deses dons et de ceux de plusieurs fidèles, ils ambitionnèrent des bâtiments plusfastueux. A leur petite chapelle ils firent succéder un magnifique édifice, élevésur les dessins de Pierre Bulet, dont la première pierre fut posée le 5 mars 1082,et qui ne fut achevé quen 174-0.

Cet édifice est digne de lartiste habile qui en a donné les dessins. Une ordon-nance de colonnes doriques surmontée d'une autre de colonnes ioniques carac-térise sa façade. A lintérieur règne lordre corinthien. Cet intérieur était autre-fois orné de tableaux et de monuments sépulcraux, qui disparurent après 1790,époque le couvent fut supprimé. Léglise des Jacobins aujourd'hui de Saint-Thomns-dAquin conserve encore lintégrité de son architecture et même de sesprincipaux ornements, tels que la gloire, placée au-dessus de lautel principal,autrefois dorée, et les peintures du plafond du sanctuaire, qui représentent laTransfiguration de Jésus, grand ouvrage de Lemoine, etc.

Les bâtiments du monastère des jacobins ont, depuis le temps de la Conven-tion, été destinés au Mutée dartillerie, dont je parlerai.