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corrigé, entreprit, au château de Fresnes, la construction d’une chapelle qui,en petite proportion, était l’exacte exécution de son dessin du Yal-de-Gràce, etfit un chef-d’œuvre. La façade de l’église du Val-de-Grâce est composée d’uneordonnance corinthienne couronnée d’un fronton, puis d’une seconde ordon-nance du même ordre, pareillement couronnée d’un fronton. L’intérieur, quine paraît pas avoir éprouvé de dégradations, offre une nef séparée des bas-côtéspar des arcades et des pilastres corinthiens cannelés : on ne savait guère, audix-septième siècle, donner d’autres formes à l’architecture des temples. Lavoûte de la nef est surchargée de bas-i’eliefs et d’ornements. Toutes ces sculp-tures sont de François Anguier . Le dôme, qui, après ceux du Panthéon et desInvalides , est le plus élevé de tous les dômes de Paris , a été intérieurement peintpar Mignard. Cette vaste composition représente le séjour des bienheureux divi-sés en plusieurs hiérarchies : c’est le plus bel ouvrage de ce peintre. Molière ,pour en exalter la gloire, a composé un poème qui n’est pas digne de sa plume.On voit avec peine que la peinture de Mignard a beaucoup perdu de son effet enperdant la vivacité de ses couleurs. Le principal autel est couronné d’un balda-quin supporté par six colonnes torses, de marbre noir, d’ordre composite, etdont les bases et les chapiteaux sont de bronze doré.
La reine fondatrice accorda plusieurs privilèges à ce monastère, le droit deporter les armoiries de France , celui d’inhumer dans son église les cœurs desprinces ou princesses de la famille royale décédés. Ces cœurs étaient déposésdans une chapelle qui est à gauche; on en comptait avant la Révolution jusqu’àvingt-six, au nombre desquels figurait celui d’Anne d’Autriche . Enfin, ce mo-nastère avait le droit inestimable de réclamer la première chaussure de chaquefils et fille de la famille royale, chaussure précieusement conservée. Les bâti-ments du monastère du Val-de-Grâce furent, pendant le régime impérial, et sontencore consacrés à un hôpital militaire.
feuillantines, couvent de religieuses, situé cul-de-sac des Feuillantines,n° 12. Anne Gohelin, veuve d’Estourmel, fit venir de Toulouse à Paris , en 1622,six religieuses feuillantines. L’église, qui fut bâtie et dédiée en 1719, ne conte-nait rien de remarquable. Ce couvent, supprimé en 1790, est devenu propriétéparticulière.
port-roïal , couvent de religieuses, situé rue du Port-Royal, primitivementappelée rue delà Bourbe. Une ancienne abbaye de l’ordre de Citeaux , fondéeen 1204, près de Chevreuse , et nommée Porrois ou Porrais, dont, par corrup-tion, on a fait Port-du-lloi et Port-Royal, fut réformée en 1609 par Jacqueline-Marie-Angélique Arnaud, qui en était abbesse. L’insalubrité du lieu de cetteabbaye fut cause de sa translation à Paris ; les religieuses s’y établirent en 1625,dans un emplacement composé de bâtiments et de jardins, et nommé la 31ai-son de Clugny. Madame Arnaud montra son désintéressement et la pureté deses principes religieux en demandant elle-même, en 1627, que les abbesses dece couvent fussent triennales ; en conséquence, elle se démit de son titre en1630. On commença, en 1648, sur les dessins de Lepautre , la construction del’église de ce monastère. A la demande de madame Arnaud, le pape permitque dans ce monastère fût établie V adoration perpétuelle du Saint-Sacrement.
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