386
On conservait dans l’église une épine de la sainte couronne, et une autre reli-que plus rare et tout aussi authentique, la cruche qui avait servi aux noces deCana.
Le lieu champêtre d’où étaient venues les religieuses de ce monastère fut ré-paré et assaini par des canaux qui procurèrent l’écoulement des eaux stagnan-tes. Il fut peuplé de religieuses, et reçut son ancien titre d’abbaye, avec la dé-nomination distinctive de Port-Iloyal-des-Champs. Ce fut dans ce désert qu’ungrand nombre d’hommes illustres par leur savoir, leurs talents et leurs vertus,vinrent se réfugier pour se soustraire aux persécutions dirigées contre eux parles jésuites, dont Louis XIY était l’aveugle instrument. En août 1664, l’arche-vêque de Paris , suivi du lieutenant de police, d’exempts et de deux cents gardes,se rendit au couvent de Port-Royal de Paris . Cette troupe assiégea les religieusessans défense; douze d’entre elles furent enlevées, réparties dans différentescommunautés de cette ville, et traitées comme des prisonnières. Quelques moisaprès, on enleva et Ton traita de même quatre autres religieuses. En 1665, cesmalheureuses filles, arrachées de leur couvent, furent renvoyées dans le monas •1ère de Port-Royal-des-Champs; monastère où Ton plaça en même temps unegarnison de soldats chargés de les empêcher de communiquer au dehors, et mêmed’aller dans leur jardin. Ces soldats y séjournèrent jusqu’en 1669, et s’y condui-sirent comme dans un corps de garde.
Les religieuses de Port-Royal-des Cliamps se croyaient dans cet asile à l’abride nouvelles violences ; mais, toujours persécutées par les jésuites, elles furent,le 29 octobre 1709, enlevées de leur maison par le lieutenant de police d’Argen-son, escorté d’une troupe nombreuse, qui ne leur accorda qu’un quart d’heurepour se disposer à se rendre dans divers couvents du royaume, où elles furentséquestrées; leur couvent fut alors démoli. L’abbaye de Port-Royal de Paris ,supprimée en 1790, fut, pendant la session de la Convention nationale , convertieen prison révolutionnaire. En 1801, on y plaça l’institution de la Maternité, et,en 1804 , Y Hospice de V accouchement.
FILLES DE SAINTE-ÉLISABETII, OU DU TIERS-ORDRE DE SAINT-FRANÇOIS, ruedu Couvent-du-Temple, entre les n os 107 et 109. Le père Vincent Musard, quiopéra une réforme dans les couvents du tiers-ordre de Saint-François, montrabeaucoup de zèle pour établir les filles de Sainte-Élisabeth. Sa belle-mère, sasœur et dix autres filles ou femmes se réunirent pour former ce nouveau couvent.Les bâtiments, commencés en 1628, furent achevés en 1630. Ce couvent n’offraitrien de remarquable. Il fut supprimé en 1790. En 1803, son église, seconde suc-cursale de la paroisse Saint-Nicolas-des-Champs , a été agrandie dans ces dernièresannées. Elle a conservé le titre de Sainte-Élisabeth.
NOTRE-DAME DE SION, OU Cluinoinesscs régulières anglaises et réformées del’ordre de Saint-Augustin. Ce couvent était situé rue des Fossés-Saint-Victor, àcôté et au-dessus du collège des Ecossais. Ces religieuses vinrent en France en1633, s’établirent à Paris d’abord dans la rue Saint-Antoine ; puis elles vinrentoccuper, dans la rue des Fossés-Saint-Victor, une maison qui avait appartenu aupoète Jean-Antoine Raïf, et où les beaux esprits du temps s’étaient réunis autre-fois. Ce couvent fut supprimé en 1790.