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AUTRES INSTITUTIONS RELIGIEUSES ET CIVILES.
chapelle saint-Joseph , située rue Montmartre, n° 144, au coin delà ruedite Saint-Joseph. Ce n’était, dans l’origine, qu’un oratoire placé, suivant l’an-cien usage, au milieu d’un cimetière, celui de Saint-Eustaclie. Le chancelierSéguier prit possession de cet emplacement, à condition qu’il fournirait à laparoisse de Saint-Eustache un emplacement convenable dans le faubourg Mont-martre, pour y établir un autre cimetière et une autre chapelle. Le 14 juillet1640, le chancelier Séguier posa la première pierre de la chapelle de Saint-Jo-seph, qu’il fit construire à ses frais. Cette chapelle fut illustrée par les tom-beaux de deux hommes célèbres : c’est là que furent enterrés Molière en 1673,et La Fontaine en 1695. Cette chapelle fut démolie pendant la Révolution ; lestombeaux de ces hommes illustres sont maintenant au cimetière du Père-La chaise , où on les voit réunis. On a établi un marché sur l’emplacement de celtechapelle.
SAiNT-ROCH , église paroissiale du deuxième arrondissement, située rue Saint-Honoré, entre les n os 296 et 298. Il existait dans le faubourg Saint-Honoré unegrande maison, appelée l’Hôtel de Gaillon, où se trouvaient deux petites chapel-les, l’une dédiée à sainte Suzanne, et l’autre aux Cinq-Plaies. On ignore l’originede celle de Sainte-Suzannc-dc-Gaillon : on sait que celle des Cinq-Plaies avait étéconstruite, en 1521, par Jacques Moyon, Espagnol domicilié à Paris , qui obtintla permission d’y établir un hôpital pour les Français et pour les étrangers affli-gés des écrouelles. D’autre part, les habitants de ce faubourg désiraient avoirune église; Étienne Dinocheau, neveu du fondateur de la chapelle des Cinq-Plaies, leur donna, en 1577, une place et un grand jardin qui en dépendait.En outre, l’official de Paris leur permit de bâtir une chapelle qui serait succur-sale de Saint-Germain-l’Auxerrois. En 1587, à la place des deux chapelles deGaillon , on fit construire une églisse succursale. On fit l’acquisition de l’hôtel deGaillon en 1622. Les paroissiens voulurent ensuite que leur chapelle devintindépendante de Saint-Germain-l’Auxerrois, et qu’elle lût érigée en église pa-roissiale, ce qui fut exécuté Tannée suivante. La population croissante de cequartier fit bientôt sentir l’insuffisance de la chapelle bâtie en 1587. On s’occupade la construction d’un édifice plus vaste. Le roi et sa mère, Anne d’Autriche ,en posèrent solennellement la première pierre le 28 mars 1635. Sa constructions’exécutait avec lenteur ou était, suspendue, lorsqu’en 1620 le fameux Law, con-verti par l’abbé de Tencin, ayant abjuré le protestantisme afin d’être nommécontrôleur-général des finances, et ayant entendu la messe et communié dansl’église de Saint-Roch, sa paroisse, donna à cette église 100,000 livres pour ache-ver son bâtiment. Ces 100,000 livres, consistant en billets de banque, servirentpeu à la construction de cet édifice, qui ne fut entièrement achevé qu’en 1740.Cette église, d’abord élevée sur les dessins de Mercier, fut continuée sur ceuxde Robert de Cotte , qui notamment a fourni le dessin du portail, dont la pre-mière pierre fut posée le 1" mars 1736. Ce portail, élevé au dessus d’un grandnombre de marches, se compose de deux ordonnances, Tune dorique, l’autre