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HOPITAL DE N OTRE - DAME - DE - LA - M1SÈRI COUDE OU les CENT FILLES, Situé lueCensier, n° U, et rue du Pont-aux-Biches, quartier Saint-Marcel. Antoine Sé-guier, président au parlement, acheta, le 21 mars 1622, une maison appeléele petit séjour d'Orléans , qui avait fait partie de l’ancien hôtel que les ducs d’Or-léans possédaient dans ce quartier, et y fonda un hôpital pour cent pauvresorphelines de père et de mère. On y enseignait, à ces jeunes filles, la religion etun métier. En 1656, le roi ordonna que les compagnons d’arts et métiers quiépouseraient des filles de cette maison seraient reçus maîtres sans faire leurchef-d’œuvre et sans payer aucun droit. Elles y étaient reçues à l’âge de six àsept ans, en sortaient à vingt-cinq; et l’hôpital, lorsqu’elles se mariaient, leuraccordait une dot.
Cette maison fut supprimée pendant la révolution : elle appartient à l’adminis-tration générale des hôpitaux et hospices de Paris . On y a établi des manu-factures.
HOPITAL DES iNCüiiABLES, situé rue de Sèvres, n° 54. Plusieurs personnesconcoururent à cet établissement; entre autres Marguerite Rouillé, Jean Joulletde Châtillon et le cardinal de la Rochefoucauld. Avec ces secours, l’hôpital lutconstruit. Trente-six lits furent d’abord établis dans les salles: dix-huit poul-ies hommes, dix-huit pour les femmes. Le môme cardinal fit encore don d’unesomme de 38,047 livres, destinée à la construction et à l’entretien d’une cha-pelle qui fut consacrée, le 11 mars 1640, sous le titre de VAnnonciation de lasainte Vierge.
Des lettres patentes du mois d’avril 1637 confirmèrent la fondation de cethôpital, qui, dans la suite, reçut un accroissement considérable en étendue deterrain et en revenu; de sorte qu’avant la révolution on y comptait trois centsoixante lits. Je parlerai du sort de cet hôpital, lorsque je présenterai le tableaudes hôpitaux et hospices qui existent maintenant à Paris .
hôpital de la pitié, situé rue Copeau, n° 1, entre les rues du Battoir et duJardin-des-Plantes .
Les désordres et les guerres civiles du temps de la régence de Marie de Mé-dicis avaient considérablement accru le nombre des pauvres. On ne trouvad’autre remède pour le diminuer que d’emprisonnner ces malheureux : c’est cequi fut ordonné dès l’an 1612. En conséquence, les magistrats louèrent cinqgrandes maisons situées entre les rues du Battoir et du Jardin-des-Plantes ;puis on fit l’acquisition d’une de ces maisons, où se trouvait le jeu de paume dela Trinité. Ce local fut augmenté par de nouvelles acquisitions : on construisitdes bâtiments réguliers et conformes à leur destination. On y renferma les pau-vres que l’on put arrêter. Cette maison reçut le nom de Pitié, parce que sa cha-pelle était sous l’invocation de Notre-D a m e-de-Pil ié.
Lorsqu’en 1657, l’hôpital général, dit de la Salpêtrière , fut construit et ouvertà tous les mendiants, la maison de la Pitié reçut une nouvelle destination : ony plaça les enfants des mendiants. Les filles, auxquelles on apprenait à lire,à écrire, à coudre, à tricoter, occupaient une partie de la maison ; les garçons,qui recevaient une éducation analogue, habitaient une cour appelée Petite-Pitié.Enfin, on y plaça des enfants trouvés, des orphelins, auxquels on faisait appren-
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