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SOUS LOUIS XIII .les perturbateurs seraient arrêtés et emmenés prisonniers dans la Concierge-rie, etc. ; vaine ordonnance ! Le délit dont se plaignait le parlement fut approuvépar la cour et par le roi lui-même.
Ces faits, et plusieurs autres que je pourrais ajouter, suffisent pour prouverque la justice était alors à Paris sans force, contrariée dans son action par la féo-dalité, et qu'il n’y avait sûreté dans cette ville ni pour les personnes, ni pour lespropriétés.
Les rues n’étaient point encore éclairées pendant la nuit, ou ne l’étaient quefaiblement et dans quelques quartiers. On sait qu’auparavant, et dans les tempsd’alarme seulement, on obligeait les Parisiens à placer, pendant la nuit, desseaux d’eau à leur porte et des lanternes à leurs fenêtres. Ceux qui parcouraientnuitamment les rues de Paris portaient avec eux des lanternes dont l’usage ne futgénéralement établi que sous Louis XIV .
état civil des protestants. Les éternels ennemis des protestants persis-taient dans le projet de les détruire; et, ayant échoué dans leurs tentatives d uneseconde Saint-Barthélemi qui devait avoir lieu après l’assassinat de Henri IV ,ils profitèrent du moment où le roi prit les armes contre les ducs de Rohan et deSoubise, chefs des protestants insurgés dans le Poitou, la Saintonge, etc., pouressayer d’exterminer ceux qui vivaient paisiblement à Paris .
Le dimanche 26 septembre 1621, le duc de Montbazon , gouverneur de la ville,informé de ce projet, donna une escorte aux Parisiens qui se rendaient à Cha-|- enton pour assister au prêche : les lieutenants civil et criminel, le chevalier duguet et leurs archers fortifiaient celte escorte. Les protestants n’éprouvèrentaucun trouble dans leur prêche du matin, mais à leur retour de celui de l’après-dinée, ils furent assaillis en chemin, près la Vallée de Fécan, vers la rue actuellede ce nom, par une troupe de vagabonds qui attaquèrent d’abord ceux qui étaienten carrosse et à cheval. Les protestants qui se trouvaient à pied se réunirent auxarchers de leur escorte, et, pourvus d’armes, ils opposèrent une vigoureuse résis-tance. Les brigands, découragés, s’occupèrent alors moins à combattre qu’àinsulter et piller ceux qu’ils trouvaient sans armes. Sur leur chemin, ils rencon-trèrent plusieurs particuliers qui n’étaient point protestants, et, sous le prétextede s’assurer s’ils avaient des chapelets, et s’ils étaient catholiques, ils leurs enle-vaient leurs bourses.
Cependant les protestants avec leur escorte, après avoir soutenu l’attaque de lavallée de Fécan, se disposaient à rentrer dans Paris par la porte Saint-Antoine,lorsqu’ils furent encore assaillis par une nouvelle troupe de brigands apostés prèscette porte. 11 fallut livrer un nouveau combat. Les magistrats, le chevalier duguet et leurs archers firent tous leurs efforts pour contenir la fureur de cettepopulace ; mais ils ne purent complètement réussir.
Le prévôt des marchands ordonna, le même soir, à tous les capitaines de laville, d’établir des corps de garde dans leurs quartiers respectifs, afin de con-tenir les séditieux. La nuit fut plus calme. Le lendemain, le parlement renditun arrêt qui ordonnait de promptes informations contre les meurtres et les incen-dies de la veille, avec des défenses, sous peine de la vie, de faire aucune assem-blée. Mais, comme si les chefs de la sédition eussent voulu braver le parlement
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