et conserva jusqu’au dernier moment son caractère de dignité. 11 tut peu re-gretté ; ses obsèques très-mesquines le prouvèrent : outre les personnes quipar leurs fonctions étaient obligées d’y assister, il ne s’en trouva pas six qui s’yrendirent volontairement. «On insulta ses statues par de sanglantes affiches;» on se permit publiquement les satires les plus violentes, et son convoi relen-» lit moins des prières des prêtres que des chansons grossières d’une populace» effrénée. »
La meilleure preuve des vices du gouvernement de Louis XIV est la detteoffrayante qu’il laissa en mourant : cette dette se montait à deux milliardsfixante-deux millions de livres argent à vingt-huit livres le marc.
MAISONS RELIGIEUSES D HOMMES ET DE FEMMES.
tiiéatins, couvent de religieux ou clercs réguliers, jadis situé quai Malaquest,depuis nommé quai Voltaire, n° 21. Quelques membres de cet ordre religieux ,fondé en Italie , en 1524, par Gaëtan de Thienne et Jean-Pierre Caraffe, arche-vêque de Théaie, aujoui'dhui Chieti, au royaume de Naples , furent appelés à Paris Par le cardinal Mazarin. Us s’établirent, en 1642, dans une maison située sur lequai Malaquest. Leur église commencée en 1662 sur les plans du père Guarini ,fut achevée en 1720, sauf le portail qui datait de 1747. C'était un assez médiocreédifice.
La haine que l’on portait à Mazarin rejaillit sur les religieux théatins qu’ilavait établis Ces pères prêchaient en faveur des opérations de ce ministre; et,pour être plus persuasifs, ils faisaient apparaître en chaire des figures de saintsque les Frondeurs nommèrent avec irrévérence des Marionnettes : « usage qui8 tenoit plus, dit un écrivain du temps, de l’artifice de l’Italien que de la dévo-* t'on françoise. » Plusieurs pièces satiriques font mention de cette prafiqueridicule. Dans l’église des théatins , on avait déposé le cœur du cardinal Mazarin,•os restes d’Edme Boursault , poëte comique; et l’on voyait sur le maître-autel ungrand tableau, représentant la piscine, peint par Restout.
Ce couvent, le seul de cet ordre en France , fut supprimé en 1790, et ses bâti-ments ont été démolis vers 1820.
institution ue l’ohatoire, quartier de l’Observatoire, et rue d’Enfer, n°74.Nicolas Pinette, trésorier de Gaston, duc d’Orléans, en 1650, y fit bâtir une mai-son qu’il donna aux prêtres de l’Oratoire. Le roi, par lettres patentes, accorda àcet établissement les privilèges dont jouissaient les maisons de fondation xoyale.Cet établissement servait de noviciat aux personnes qui se destinaient à la con-grégation de l’Oratoire : elle fut célèbre par les hommes distingués quelle a pro-duits ou qui s’y sont retirés.
La construction de l’église, commencée en 1655, fut achevée en 1657, et dédiéesous le vocable de la Sainte-Trinité et de l’Enfance de Jésus. On voyait dans lachapelle de la Vierge un monument en marbre, érigé en 1661, à la mémoire ducardinal Bérulle, dont la figure était représentée à genoux; au-dessous étaitplacée une urne contenant son bras droit. Ce monument fut sculpté par JacquesSarrasin. — Cette maison, supprimée en 1792, fut, en 1801, consacrée à 1 Hospice
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